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An 1 de la transition : Un bilan sombre adossé aux meurtres…

20 avril 2021, la mort de Idriss Deby fut annoncée à la télévision nationale tchadienne. Cette nouvelle est suivie dans la foulée d’un coup d’Etat orchestré par une légion de quinze généraux avec à leur tête Mahamat Idriss Deby Itno, fils du défunt président. Les tchadiens espéraient un changement mais très vite ils ont déchanté car les mauvaises pratiques du temps du père ont refait surface avec le fils donnant un triste bilan.

Au bout d’une année de gestion par le Conseil militaire de transition (CMT), c’est un bilan brouillon et sanglant qu’il a été donné aux tchadiens de constater. Une transition qui a débuté par des tueries et qui a poursuivi sa marche funèbre sur des corps. Au chapitre des morts notamment on note que 16 manifestants ont été tués dès les 27 et 28 avril 2021. Cette tragédie sera suivie par la tuerie d'Abéché puis le massacre de Sandana. Le sang a également coulé à flot à Faya.

L’an 1 a été également marqué par une situation socio-économique lamentable avec son corolaire de misère sévère et de vie chère. La Société nationale d’électricité (SNE) a brillé au rythme des ténèbres. On a assisté à des nominations claniques et la promotion des sous-préfets analphabètes. Curieusement, c’est au cours de cette période-là qu’on a assisté à l’apparition d’une nouvelle race d’élèves : des élèves tueurs d’enseignants armés des armes à feu et celles blanches. Ces derniers tuent en toute impunité puisque justice n’a jamais été rendue, ne serait-ce qu’un seul cas car ce sont des fils des intouchables de la République.

Inutile d’évoquer la justice qui est absente puisque les magistrats eux-mêmes sont violentés et menacés de morts dans l’impunité totale chose qui a justifié par ailleurs leur longue grève face à laquelle les autorités sont restées indifférentes.

Le seul acquis de la transition, faut-il le rappeler, c’est d’avoir débaptisé l’Avenue Mobutu pour la rebaptiser Boulevard maréchal Idriss Deby Itno.

La transition elle-même a commencé sur une note d’injustice discriminatoire. Sur quinze généraux qui composent le CMT, huit sont de la même région et seulement deux issus du Sud. On croyait tourner définitivement la page Deby mais non. En réalité, c’est Idriss qui est mort mais pas Deby.

Des assassinats ciblés ont jalonné la transition. La déchirure du tissu social s’est accentuée avec le repli identitaire et communautaire. Jamais dans l’histoire les tchadiens ce sont autant haïs et détestés.

 Que pouvait bien attendre d’une transition dont les bases ont été, dès le début, faussées ? Notre transition a commencé par un mensonge qui s’apparente à une volonté manifeste de tordre le cou à notre histoire. En effet, le 19 avril 2021, Déby a été proclamé président de la République à l'issue de l'élection présidentielle du 11 avril 2021 alors, qu’en réalité, il était mort le 18 avril 2021. Une falsification intolérable de notre histoire. Cette même histoire retiendra donc que le Tchad a eu, pendant une journée, un président mort et ceux qui ont commis cette forfaiture devraient répondre devant la justice, un jour.

 L’hypocrisie qui est en cours à Doha au Qatar avec le pré-dialogue des politico-militaires aura des conséquences fâcheuses. Aucune volonté du gouvernement à vouloir mener à bien les discussions. Cette étape semble déjà être un raté. Ce qui aura inévitablement un incident sur le déroulement du dialogue national inclusif prévu pour le 10 mai 2022 à N’Djamena. Et s’il arriverait que le dialogue du 10 mai capote alors notre pays entamera une folle course dans le tréfond de l’enfer ».

Masbé NDENGAR

Tag(s) : #transition, #Tchad, #bilan, #meurtres
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