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Quinquennat à mi-parcours du président Idriss Deby : 16 mesures, abattement de salaire, grèves perlées, conflits agriculteurs-éleveurs et inter-communautaires...

Main en l’air le 8 août 2016, Idriss Deby Itno, réélu pour la 5e fois, a prêté serment. Entrant ainsi dans le cercle des présidents de long règne au pouvoir en Afrique. 1990 – 2016, c’était exactement 24 ans. Ce quinquennat qui venait de commencer n’est pas de tout repos pour le raïs, mais le tableau est sombre sur tous les plans.

Arrivé au pouvoir par le sang, Idriss Deby dirige son pays sans partage depuis bientôt 30 ans. Il s’est maintenu au pouvoir grâce au tripatouillage de la constitution dont le dernier en 2005 a été opéré par « un constitutionnaliste français » envoyé par l’Elysée dont il « ignore même le nom ». Il se représentera en 2010 puis en 2016. Mais le dernier quinquennat est celui de toutes les épreuves. Le peuple a survécu et continue de survivre aux intempéries venues de toutes parts.

La gouvernance est au bas niveau. Après plusieurs vaines tentatives d’évincer le premier ministre, il organise un forum qui était tout sauf inclusif, avec la bénédiction de Kassiré qui a vendu son honneur et sa dignité au prix d’argent, pour supprimer plusieurs institutions dont la primature. L’ancien petit berger de Berdoba devenait ainsi un président intégral avec un pouvoir intégral dans une République intégrale. Depuis le Palais, les ordonnances incendiaires et les décrets de nomination pleuvent. Désormais, tout se fait par décret au degré le plus élevé du népotisme et du favoritisme clanique. D’abord on assistera à la suppression des indemnités des travailleurs, ensuite de leur salaire. Une longue et interminable grève s’est observée. De négociation en négociation, les syndicats, lassés ou par naïveté ont repris le travail. Une période qui fut une véritable traversée du désert. Difficile d’inscrire les enfants à l’école. Ceux qui avaient leurs enfants inscrits dans les universités étrangères se voyaient obliger de les rappeler à la maison.

Le pain quotidien devient du pain sur la planche. Le quotidien est dur avec son lot de tristesse et de désolation. Les Tchadiens ont atteint le summum de la galère jamais vécue sous aucun régime, fut-il celui sanguinaire de Hissein Habré. Le fond a été touché. La population a été touchée et affectée dans sa dignité humaine. Une étude a d’ailleurs classé le « Tchad le pays le plus stressé au monde ». C’est avec raison car anxiété et détresse font partie intégrante du vécu des citoyens. Mais Idriss Déby Itno justifie cette vie austère par le bas prix du baril du pétrole. Et c’est le bas peuple qui doit en payer le prix.

C’est aussi le moment où l’éducation est au plus bas niveau dans l’histoire de notre pays. Arriérés de salaire et suppression des primes des enseignants- chercheurs, surpression des bourses et augmentation des frais de scolarité des étudiants, etc. sont à mettre à l’actif du régime trentenaire de N’Djamena. Cette situation critique a paralysé le système éducatif déjà malade depuis longtemps. Conséquence : l’année scolaire 2017-2018 n’a duré que 3 mois. Ce qui a valu le sobriquet de « bachelier de 3 mois » pour qualifier ceux qui ont composé la session 2018. Quel avenir avec un système éducatif au rabais ?

Le pays  saigne, le peuple grince les dents

Sur le plan économique et social, l’homme à la canne a mis le pays en berne. On assiste à une véritable contre plongée entrainant une misère qui sévit avec une violence inouïe. Le pays a saigné et le peuple va continuer à grincer les dents car rien ne présage la sortie du précipice. Pour preuve, ce sont 3,7 millions de Tchadiens qui ploient sous la malnutrition actuellement. En 2018, 22 régions sur 23 ont été affectées sévèrement par ce même fléau. Le pays est plongé dans une misère insupportable malgré des milliards engrangés par l’exploitation du pétrole depuis 2003. La Banque Africaine de développement a tiré la sonnette d’alarme en disant que « la pauvreté augmentera au cours de l’année 2019, pour atteindre un taux de 39,8% (presque 40%) » Au Tchad. Tortures, violences physiques et morales, sévices corporels, assassinats, viols et vols, etc., ont noirci le tableau déjà sombre des droits humains. 

La situation est très critique et c’est ainsi que l’Etat tente vainement de mobiliser les fonds pour le développement. Une table ronde a été organisée à Paris à cet effet dans le cadre du PND. Mais le PND fut un échec cuisant. C’était d’ailleurs prévisible dans la mesure où les bailleurs de fonds ne peuvent pas prendre le risque d’investir dans un pays qui ne rassure en rien. En la matière, les faits prouvent le recul général constaté : insécurité, instabilité, corruption... Ainsi, le pays occupe la 50e place sur 52 pays en matière d’indice de développement et quant à l’indice de développement humain (IDH), il est classé 186e sur 188 pays en 2016, presque dernier comme ce fut le cas dans bons nombre de secteurs.  Comme on peut le constater, c’est un bilan brouillon à mi-parcours. Et rien ne présage un avenir radieux avec un président sans vision à la tête d’une Nation.  

Masbé NDENGAR 

Tag(s) : #Quinquennat à mi-parcours, #président, #Idrisss Deby, #mesures, #abattements, #bilan, #politique, #économie, #serment, #peuple, #pouvoir
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