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Crédit photo: RSF

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Le monde entier célèbre ce 3 mai (2022) la Journée mondiale de la liberté de la presse. La date du 3 mai est consacrée à ladite journée.

Classé 123e/180 en 2021 le Tchad a fait en effort en se hissant à la 109e place sur 180 pays en 2022. Si on observe un effort dans le classement, la situation est toujours peu reluisante. 

La presse tchadienne et partant des journalistes tchadiens font face à d’énormes difficultés.

La situation politique et sécuritaire sont difficiles pour l’exercice du métier du journalisme au Tchad. Les journalistes sont régulièrement menacés et ce, par les forces de défense et de sécurité. Elles qui sont censées les protéger. Suite au drame de Sandana, les journalistes de la chaine de télévision Electron tv ont été menacés par les militaires de quitter immédiatement les lieux après les avoir soumis à des interrogatoires.

C’est lors du massacre de Sandanan que le journaliste Djaï-Loramadji Evariste, correspondant de radio Lotiko de Sarh a trouvé la mort par balle. On se rappelle encore de son dernier reportage qu’il livrait en direct à la radio à pas de course, fuyant la barbarie. Il décrivait la situation qui prévalait sur le terrain : des gens qui fuyaient à la suite des tirs nourris. Il était 16h39, heure locale (Tchad). C’était sa dernière voix qu’on a entendu sur les ondes car quelques instants après, il a malheureusement trouvé la mort. Il a été atteint de plusieurs balles à la tête. Aucun hommage de l’autorité à son endroit ni compassion et pire, ses assassins n’ont jamais été appréhendés tout comme pour les 11 autres victimes alors que ceux qui ont commis cet irréparable ont été formellement identités avec une liste à l’appui. En cette journée de la liberté de la presse, nous rendons un vibrant hommage à notre confrère Evariste lâchement assassiné et dont ceux qui ont commis cette forfaiture bénéficient de la protection des autorités actuelles. Repose en paix, martyr de la plume.

Aux menaces et autres, s’ajoute la mise en demeure fréquente des médias par la Haute autorité des médias et de l’audiovisuel (HAMA). Cette institution s’érige en un véritable bourreau de la presse. Certains n’hésitent à la taxer de bras armé du régime contre la presse. Elle ne tolère pas les critiques mêmes celles objectives contre le régime.  

La presse tchadienne travaille dans la précarité totale

Pour le cas du Tchad, très peu sinon très rares des organes qui sont en mesure de payer un salaire conséquent et régulier à un journaliste. Aucun journaliste (sinon très rare) ne peut prétendre vivre de son revenu de journaliste. Les DP ou les fondateurs des organes sont obligés de travailler ailleurs pour faire tourner la boîte. Les journalistes sont payés au lance-pierres.

L'économie de la presse est quasi-inexistante. Pas d'insertion, pas de pub, pas de lobbies qui investissent dans ce secteur.

Aucun effort n'est fait non plus du côté de l'État. Par exemple dans certains pays quand un journaliste est détenteur d'une carte de presse le transport en commun est d'office gratuit. Dans d'autres pays encore il y a une réduction sur les documents achetés par le journaliste détenteur de la carte de presse. Au Tchad, même les hommes de média se demandent à quoi sert véritablement cette carte qui ne protège même pas le journaliste sur le terrain des forces de l’ordre. C’est un kate kate sakit, entendez par un vulgaire document, en arabe local.

La subvention annuelle au Tchad est non seulement irrégulière mais insignifiante. Toujours au Tchad, l'impression des journaux est très coûteuse mais aussi que le marché publicitaire est restreint donc bon nombreux de titres impriment à perte.

 Malgré ces difficiles conditions les journalistes tchadiens, font d’énormes sacrifices. Ils font de leur mieux. Hommage à vous.

Masbé NDENGAR

 

Tag(s) : #liberté de la presse, #Djaï-Loramadji Evariste, #Tchad, #HAMA, #Hommage, #Sandana
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