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Tchad: Des bérets noirs qui assassinent dans les commissariats!

Appréhendé par le commissariat de sécurité publique du 6e arrondissement (CSP 6) de N’Djamena suite à une rixe qui l’opposait à un jeune homme de son âge, Richard Mbaiguedem, 19 ans, a été torturé durant sa garde à vue de sept jours. Libéré mourant, le débrouillard succombe à l’hôpital général de référence nationale. Après cette cène macabre, le CSP7 prend le relais, faisant aussi des victimes dans ses violons.

Deux hommes originaires de la province du Guéra y ont été torturés sous les ordres de leur hiérarchie par deux éléments, avec objectif principal de leur extorquer de l’argent, parce que accusés d’être des combattants de Boko Haram. Les tortures qui ont eu lieu juste derrière le bureau du commissaire commanditaire, ont consisté, à la manière de la DDS, entre autres, à ingurgiter de l'eau de la fontaine aux victimes, jusqu'à ballonnement du ventre. L’un des suppliciés, Yaya Daoud, un musulman, n’en pouvant plus en cette période de carême, a rendu lâchement l’âme sur les lieux du supplice à 21h50. Jamais un sans deux, deux commissariats de police de la capitale assassinent deux citoyens en un mois. Et cela sans compter les détenus estropiés, qui arrivent mourants devant le procureur, après une élastique garde à vue, des fois pour des peccadilles.

Comme on le voit, c’est une évidence qu’au Tchad, la police, plutôt source d’insécurité pour la population, fait plus peur qu’elle ne rassure. Ailleurs, la police protège, mais au Tchad elle tue. Elle gaze. Elle entre dans les chambres des citoyens en meute. Elle arrête toujours un vendredi, journée courte, pour mieux torturer en week-end. Elle interpelle même en dehors de son ressort territorial, parce que commanditée. En circulation, elle inspire la peur. Dans les quartiers, elle est le cauchemar de bons nombre de citoyens. Si elle n’assassine pas, elle rackette. Corrompue, la police tchadienne n’est pas probe et intègre. Cela est sans doute lié au manque ou à une formation civique bâclée, sinon tout policier policé ne saurait détenir un présumé pendant 7 jours dans ses locaux, en violation des 48h requises par la loi. Une détention au cours de laquelle aucune enquête n’est d’ailleurs ouverte. Pour le cas du regretté Richard Mbaiguedem, arraché à la grande affection de sa famille et des jeunes revanchards de Moursal, la police lui a exigé, à titre d’amende ou de caution contre sa libération, une somme de 24 000 fcfa, pognon dont il en était dépourvu.

Dans la capitale tchadienne, les commissariats se transforment petit à petit mais surement, à des mouroirs où les policiers y sont comme des thanatopracteurs. Ce sont des lieux de cynisme et de tragédie où se déroulent au quotidien, interpellations, arrestations, séquestrations et détentions arbitraires. Ce sont des lieux de tortures par excellence et d’autres traitements inhumains infligés à des honnêtes hommes. Les malfrats qui sont censés traquer par la police, trouvent curieusement en ces lieux, l’amitié des policiers avec qui ils s’entendent comme larrons en foire. L’argent qu’ils volent ou les motos qu’ils braquent sont partagés. La police coupe la poire en deux et le délinquant recouvre sa liberté. Si un malfrat est déféré au parquet par un commissariat, c’est parce qu’il se serait montré intransigeant. C’est comme cela que les policiers en service dans les commissariats sont propriétaires de plusieurs motos, qu’ils mettent en clando (taxi-moto) ou au service de leurs maisonnées pour des courses scolaires ou familiales. Et la pratique empire depuis que la précarité s’est imposée sous les mesures d’austérité gouvernementales. Malheureusement, les policiers véreux et sadiques, pris en charge par le contribuable qui s’adonnent à de tels actes ne sont nullement inquiétés. Au contraire, ils bénéficient d’une prime à l’impunité grâce à leurs supérieurs hiérarchiques qui les protègent en haut lieu.  En attend de voir prendre fin les tortures et spoliations dans nos commissariats, je fais mienne la citation de Pierre Desproges qui dit « Il ne faut pas désespérer des imbéciles ; avec un minimum de formation, on peut en faire de bons militaires ou de policiers ».

 

Masbé NDENGAR

 

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