Qu'est-ce qui cloche, au juste, dans le destin du Tchad ? Voilà la question lancinante qui taraude quiconque connaît un tant soit peu l'histoire tourmentée de cette nation. Jamais le Tchad n'a connu un moment de paix, jamais son peuple n'a véritablement pu s'abandonner à la quiétude d'un avenir serein. Une chronique sanglante, jalonnée par des conflits fratricides, des luttes futiles et des dissensions fomentées au plus haut sommet de l'État, a profondément fracturé cette terre. Un pays morcelé, déchiré, où les frères d'hier se détestent aujourd'hui par atavisme et animosité.
Ici, la haine semble être un héritage, un venin transmis de génération en génération, cultivé avec la persistance d'un mal ancestral. On se méfie, on craint non plus les ennemis extérieurs, mais celui qui partage le même sang, la même terre. Chacun devient un diable qui sommeille au chevet de l’autre. Le lendemain, incertain, fait frissonner chaque cœur comme s'il battait pour un dernier souffle. La vie au Tchad est un chemin tumultueux semé d'embûches, aggravé par une précarité insupportable. Les prix des denrées s'envolent, inaccessibles à la majorité, perpétuant une misère entretenue et exacerbée par des hommes sans foi ni loi, protégés par des dirigeants corrompus.
Depuis toujours, la manipulation et le mensonge sont des armes courantes, lancées avec cynisme pour détruire, pour humilier, pour annihiler l'autre. Subtils ou grossiers, les stratagèmes se réussissent, visant à réduire à néant celui que l'on craint ou jalouse. Mais à quoi bon cette soif de destruction mutuelle ? Que trouve-t-on dans ce poison si facilement distillé entre frères ? Pourquoi ce désir obsessionnel de voir l'autre sombrer dans le gouffre ? Quel étrange amour pour la haine avons-nous nourri au fil des années, qui aujourd'hui étouffe tout espoir de réconciliation ?
Ces questions, lourdes, résonnent dans le silence d'un peuple qui ne rêve que d'une chose : la paix, enfin, la vraie. Mais cette paix, fragile et insaisissable, semble chaque jour un peu plus hors de portée, emportée par le tumulte des rancunes et des blessures jamais pansées.
En effet, le Tchad est à la croisée des chemins, mais pour que la paix cesse d'être un rêve lointain, il faudra d'abord sonder ces cœurs meurtris et retrouver le chemin du pardon, qui seule pourra panser les blessures trop longtemps ignorées.
Masbé NDENGAR
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