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Crise financière : Sale temps pour les étudiants tchadiens du Niger

Les médecins sont en grève sèche depuis plusieurs semaines. Les enseignants de l’université et ceux des lycées le sont bien avant eux. Les magistrats ont emboité les pas. Les fonctionnaires, sans salaire depuis plus de trois mois ne savent plus à quel saint se vouer. Le Tchad se meurt  économiquement. C’est un Etat en sursis. Cette fameuse crise étend ses tentacules  et atteint tous  les étudiants, surtout ceux vivant à l’étranger. Ceux du Niger ne sont pas en reste et vivent le calvaire, car n’ayant  pour bourse que  les maigres salaires des parents qui ne sont guère versés. «Le bailleur a fermé la porte sur mes effets, il me réclame 4 mois de loyer. Actuellement je n’ai pas où dormir », témoigne lamentablement et pitoyablement un étudiant.  Les plus chanceux vivent « sous la pression des bailleurs ». Sans nourriture ni moyens de déplacement, certains étudiants se retrouvent dans l’impossibilité d’assister au cours. Sans eau ni électricité car ils ne sont plus en mesure de « régler les factures ». Pour ces étudiants, les conditions de vie sont intenables. « La situation est alarmante et beaucoup d’étudiants la vivent ». A l’unisson ils implorent la magnanimité du gouvernement. Voici le témoignage hallucinant d’un étudiant parvenu à notre rédaction.

 

SITUATION DES ETUDIANTS TCHADIENS DE L’ETRANGER PENDANT CETTE CRISE cas du NIGER

Nous étudiants Tchadiens, nous sommes en train de mourir de faim (et de maladies), nos parents ne gagnent plus leur salaire et par conséquent nous ne percevons plus nos bourses de subsistance car la plupart nous étudions avec la bourse familiale.

Cela fait plus de 3 mois que nous sommes incapables de régler nos factures d’eau et d’électricité.

La semaine passée, quand la campagne de coupure a commencé nous nous sommes retrouvés presque tous privés de l’eau et électricité.

A cela s’ajoute la pression des bailleurs qui réclament le loyer menaçant de nous mettre dehors sans préavis, certains compatriotes ont rejoint leurs amis, d’autres par contre se sont retrouvés dans la rue

La semaine passée, à 23h de retour de chez un ami j’ai croisé un compatriote tchadien que je me réserve de dire le nom, entrain de frapper à la porte d’un autre tchadien qui serait, lui, entrain de dormir.

Après quelques Salam il m’a demandé si je rentrais. J’ai répondu oui et il lança d’un ton sec et lamentable « …je suis venu passer la nuit chez ce compatriote mais apparemment il s’est endormis, chez moi le bailleur a fermé la porte sur mes effets, il me réclame 4 mois de loyer.  Actuellement je n’ai pas où dormir ; pardon permets moi de passer la nuit d’aujourd’hui chez toi ».

Certains compatriotes quant à eux continuent de vivre sous la pression des bailleurs en  attendant leurs sorts.

Bientôt les inscriptions et nous serons tous mis à la porte comme nos amis de l'IFTIC.

Le riz, le spaghetti ou le macaroni avec de l’huile, oignon et du sel, tout blanc sans sauce, voilà ce que nous mangeons une fois par jour au coucher du soleil pour calmer notre faim. Certains peuvent facilement passer toute une journée sans manger.

Pour ceux d’entre nous dont l’école est loin de la maison, ils sont obligés de chômer les cours par manque de moyen de déplacement ou de quitter leur domicile à 4h du matin.

Notre seule prière est que durant cette période que nous traversons que personne ne tombe malade, sinon avec quoi le conduirons-nous à l’hôpital ?

La situation est alarmante et beaucoup d’étudiants la vivent comme nous au Niger en ce moment. Pendant combien de temps allons-nous continuer à vivre cela ?

Gouvernants, pensez à nous !

Tag(s) : #crise, #etudiants, #tchadiens, #Niger
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