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Affaire Hisseine Habré : Dialogue entre un prisonnier et son tortionnaire

On attend le verdict sur le procès de Hissène Habré d’un moment à l’autre. Sous son régime, ton appartenance à une région ou à un groupe ethnique pouvait être la cause de ta mort. Des milliers de Adjarai, de Sara, d’Arabes, etc. ont trouvé la mort. C’est le cas par exemple du professeur d’université et écrivain Zakaria Fadoul Khidir qui a été arrêté uniquement parce qu’il était le parent d’un supposé putschiste et qu’il appartenait à la même ethnie. Quand il fut arrêté et interrogé, Zakaria Fadoul Khidir (ZFK) a eu cet échange avec son tortionnaire, le commissaire Mahamat Djibrine (Dj), échange qu’il rapportera dans un livre qu’il publiera après sa libération. Un extrait

« Dj: Monsieur le professeur, pourquoi vous a-t-on arrêté?

ZFK: Je n’en sais rien.

Dj: Comment ça! Vous n’en savez rien? Mais vous ne savez rien de ce qui se passe en ville ou au pays?

ZFK: Si. Je sais que des gens ont rejoint l’opposition, d’autres sont arrêtés. Mais pour ce qui me concerne, on est allé me chercher dans mon bureau en plein jour alors que j’étais en train de corriger les copies de mes étudiants.

Dj: Mais tu n’es pas né seul, tu as aussi des frères !

ZFK: Je ne suis pas responsable de ce que font mes frères.

Dj: Monsieur le professeur, la responsabilité est collective »

Tout était résumé en une seule réplique. D’après des recherches personnelles effectuées par le professeur Zakaria Fadoul Khidir, environ 270 membres de sa famille proche et éloignée auraient été arrêtées et toutes à l’exception de 28 d’entre-elles auraient été exécutées ou seraient mortes en détention. Un voyage du non-retour !

Tag(s) : #procès Hisseine Habré, #justice, #Tchad
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