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NIGER : PAYS A LA CROISÉE DES CHEMINS ?

Le Niger a été toujours cité comme un bel exemple de réussite démocratique, mais selon le Réseau Panafricain pour la Paix, la Démocratie et le Développement (REPPADD-NIGER) ce pays est, malheureusement, aujourd’hui, plus que jamais à la croisée des chemins. Les élections qui se déroulent actuellement dans le pays de Issoufou fait l’objet de vives critiques tant coté organisationnel que des « coups bat » qui s’y mêlent. Selon REPPADD-NIGER, il y a violation des textes et estiment que les dés ont été déjà pipés, c’est pourquoi il tire sur la sonnette d’alarme en affichant clairement sa position vis-à-vis du jeu qui se mène. Ainsi, REPPADD demande aux représentants de la société civile au niveau de la CENI, de suspendre leur participation au sein de ladite institution jusqu’au retour de la sérénité pour l’organisation d’élections crédibles, libres et transparentes. La situation est électrique ! Nous vous proposons l’intégralité de déclaration parvenue à notre rédaction.

DÉCLARATION DE PRESSE

Réuni en séance extraordinaire ce vendredi 18 Mars 2016 à l’effet d’examiner la situation sociopolitique au Niger, le Bureau Exécutif de la Coordination Nationale du Réseau Panafricain pour la Paix, la Démocratie et le Développement (REPPADD-NIGER) rend la déclaration suivante :

Après plus d’un quart (1/4) de siècle d’apprentissage démocratique, inauguré par la tenue de la conférence nationale souveraine en 1991, le Niger est, malheureusement, aujourd’hui, plus que jamais à la croisée des chemins. En plus des problèmes de pauvreté, de sous-développement et d’insécurité qui l’accablent, notre pays doit faire face à un processus électoral aux conséquences imprévisibles.

Des facteurs interactifs de conflits s’observèrent tant au niveau de cadre juridique régissant le processus électoral qu’au niveau des institutions et acteurs chargés de lui obéir et le mettre en œuvre.

Constitution et lois électorales ne parlent visiblement pas le même langage pendant que les partis politiques, principaux acteurs de la vie électorale, sont plus que jamais divisés.

En effet, l’article 48 de la loi fondamentale ne permet de débuter les élections présidentielles que « trente (30) jours, au moins, et quarante (40) jours, au plus, avant la date d’expiration du mandat du Président en exercice. » alors que la loi N°2014-01 du 28 Mars 2014 portant régime général des élections présidentielles, locale et référendaires, par contre, laisse remarquer que ce processus électoral peut s’étaler sur plus de 90 jours lorsqu’on comptabilise les différents délais prévus entre les différentes étapes dudit processus.

Pourtant cette loi, de par sa nature (loi organique) a fait l’objet d’un contrôle de constitutionnalité par le juge constitutionnel, à savoir la Cour Constitutionnel et en son temps la Cour ne l’a pas trouvé contraire à la loi fondamentale.

Ce n’est qu’à l’épreuve des élections qu’on découvre que le respect des différents délais exigés par cette loi va déboucher inéluctablement sur une impasse politique dès lors que l’article 47 de la constitution affirme assez durement et clairement qu’en « aucun cas, nul ne peut ]….] proroger le mandat du président de la République pour quelque motif que ce soit. »

Cette désagréable “découverte“ sous le feu de l’action électorale vient ainsi embraser le climat déjà très tendu entre les différents acteurs politiques et sociaux, en particulier entre la majorité et l’opposition politique.

Depuis pratiquement 2013, la majorité et l’opposition sont en rupture de dialogue du fait, d’abord, des profondes divergences nées de la formation du “Gouvernement de large ouverture“, puis des querelles autour du fichier électoral, ensuite autour du vote par témoignage et des allégations de vol et achat de conscience au cours du premier tour des élections présidentielles et législatives,…etc.

Le summum de cette divergence est atteint lorsque l’opposition annonce le boycott du 2ème tour des élections présidentielles prévues pour le 20 Mars prochain arguant le non-respect de la loi par le gouvernement et la Commission Electorale Nationale Indépendante, y compris par la cour constitutionnelle qu’elle juge à la solde du Président candidat.

C’est dire que l’arbitre en pareille circonstance est lui-même accusé, à tort ou à raison, de parti pris. Pire l’opposition politique vient d’affirmer dans une déclaration rendue public hier son refus de reconnaitre les résultats et les institutions qui seront issues dudit scrutin. Une position quasi-identique à celle de l’opposition de 1996 FRDD face au régime de la 4e République du feu Président Ibrahim Barré Maïnassara, jamais appelé comme tel par le président actuel alors opposant membre du FRDD et à celle de 2009 après le referendum controversé qui a donné naissance à la 6e République, dont les autorités qui en étaient issues n’ont jamais également été reconnu par la CFDR, présidé par le président d’alors du PNDS Issoufou Mahamadou.

Face à la gravité de la situation et l’impérieuse nécessité d’éviter à notre pays de connaitre les même issues malheureuses, et surtout de sauvegarder et préserver les valeurs et fondements de la République et de l’État de droit,

Le Réseau Panafricain pour la Paix, la Démocratie et le Développement (REPPADD) :

  1. Relève et souligne la responsabilité de tous les acteurs à savoir le Gouvernement, l’Assemblée Nationale, le Juge électoral et Constitutionnel, le CNDP, le Pouvoir judiciaire, la CENI, et les partis politiques (opposition tout comme majorité) dans la situation ainsi créer ;
  2. Déplore et condamne la posture du Président de la République à se cramponner plus à son statut de candidat qui doit gagner les élections à tout prix, qu’en Président de la République, père de la nation et garant de l’unité nationale et lui rappelle qu’il ne jamais trop tard pour bien faire ;
  3. Déplore le silence complice et l’indifférence de la communauté internationale plongée dans un mutisme incroyable face à cette situation aux conséquences incalculables pour notre Pays ;
  4. Relève que sans la fragilisation et l’implication dans le jeu politique de certaines personnes morales constitutionnellement neutres comme les chefs traditionnels et leaders religieux, ces derniers auraient pu amener autour de la table de dialogue les deux protagonistes ;
  5. Demande avec insistance au Président de la République, père de la nation, garant de l’unité nationale de convoquer instamment au regard de l’extrême urgence le Conseil de la République en vue de discuter sur les principaux sujets de discordes et engager un dialogue national avec comme première mesure le report des élections en vue de faciliter la tenue du dialogue dans la sérénité.
  6. Face à la gravité de la situation et au rôle indispensable de sentinelle que doit jouer la société civile pour préserver le cadre démocratique et l’unité nationale, le REPPADD demande aux représentants de la société civile au niveau de la CENI, de suspendre leur participation au sein de ladite institution jusqu’au retour de la sérénité pour l’organisation d’élections crédibles, libres et transparentes ;
  7. Enfin réaffirme son engagement sans faille à défendre la démocratie et l’État de droit dans notre Pays.

Fait à Niamey le 18 Mars 2016

REPPADD-NIGER

Le Président

Tag(s) : #Niger, #société civile;élection
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