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La délégation venue de N’Djamena assimile les étudiants à des opposants politiques donc pas de résolution de la crise

Les étudiants de 2ie ou du moins « les étudiants tchadiens de l’ambassade », campent à l’ambassade depuis 17 jours. Expulsés des salles de classes et des cités universitaires, ils sont devenus des parfaits SDF. Ne chassant plus où donner de la tête, ils ont trouvé refuge à leur ambassade. Une délégation composée du personnel de trois ministères (Finances, agricultures et enseignements supérieur) a été envoyée dans la capitale burkinabè pour résoudre le problème. Mais c’est mal connaitre cette délégation qui a reçu les représentants des étudiants autour d’une table de négociation le 28 et 29 mars 2016. En lieu et place de la résolution de la crise, elle assimile les étudiants à des opposants, activistes et infiltrés et par conséquent leur problème ne sera pas résolu. Les étudiants ont organisé une conférence de presse le soir du 29 mars 2016 pour apporter un démenti catégorique à ces allégations.

Les étudiants tchadiens de 2ie qui campent à leur ambassade au Burkina Faso depuis 17 jours ont reçu une délégation venue de N’Djamena pour résoudre leur crise. La 1re prise de contact a eu lieu le 28 mars 2016. Selon les étudiants la rencontre a été ponctuée par des intimidations voire des menaces de la part de la délégation. De l’avis des étudiants, la délégation leur a signifié que leur lutte a une connotation politique et non estudiantine car, selon la délégation, il y a des opposants, des activistes et des infiltrés parmi eux. Les étudiants rétorquent faut lors d’une conférence de presse qu’ils ont organisé dare-dare le 29 mars 2016, quelques heures après l’audience avec ladite délégation.

« Nous tenons à rappeler que notre lutte est purement estudiantine et apolitique », a démenti catégoriquement Ali Younous, chargé de communication des étudiants, à l’entrée du jeu. Et à Charles Dagou, chargé de communication adjoint d’ajouter : « nous étions surpris que la délégation nous parle des opposants et des activistes ».

Abel Maina est venu par compassion…

Parlant d’activistes, les conférenciers disent qu’un de leur compatriote activiste, du nom de Abel Maina, venu de la France pour apporter sa compassion et sa solidarité en tant que tchadien et non en tant qu’activiste. « Depuis qu’il est parmi nous, il n’a jamais mis pied dans l’enceinte de l’ambassade et nous lui avions signifié que notre lutte est apolitique et ne saurait fait l’objet de récupération », a confié Ali Younous. Selon Ali Younous, ce dernier a bien compris et depuis qu’il est avec eux, il n’a fait aucune publication allant à l’encontre de lutte revendication.

A en croire à Charles Dagou, ces intimidations ont pour but de les faire céder à leur revendication : « Il n’est pas question de céder à nos revendications », foi de Charles Dagou. Christian Haltebaye, l'un des conférenciers, renchéri : « nous allons poursuivre notre lutte jusqu’à obtenir gain de cause ».

On se lave une fois tous les deux jours…

Comment font-ils pour tenir pendant longtemps ? A cette question, Mabrouka Djamal, trésorière et chargée de restauration répond sans détour : « nous survivons grâce à nos parents burkinabè, tchadiens et autres ». Difficile de prendre, ne ce reste qu’une douche : « nous sommes dépourvus de tout. On ne se lave qu’une fois tous les deux jours », poursuit Mabrouka Djamal. Selon elle, cela n’est possible que grâce à l’aide de la communauté musulmane qui met à leur disposition, robinet d’eau et douche. « Nous sommes des soldats et on s’adapte au terrain », a ajouté Ali Younous avec un sourire au coin des lèvres.

La délégation a rompu la négociation

Au moment où nous traçons ces lignes, nous apprenons à travers un communiqué de presse des étudiants que la délégation a suspendu les négociations, ce qui présage que la résolution de cette crise n’est pas pour demain.

Tag(s) : #étudiants;2IE; Tchad
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