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la déception se lit sur le visage des uns et des autres

la déception se lit sur le visage des uns et des autres

Une délégation a été dépêchée à Ouga pour résoudre la crise des étudiants de 2ie expulsés des salles de classes et des cités universitaires. Devenus SDF, ces étudiants ne savent plus où donner de la tête. Ils ont ainsi décidé d’aller camper à l’ambassade. Ils y sont depuis le 14 mars 2016. Ils ont entamé des pourparlers avec ladite délégation hier 28 mars 2016 à Palace Hôtel de ouagadougou. Une négation sous fond d'injures de la délégation. Notre confrère d’une chaine de télé privée s’est vu arracher la carte mémoire de sa camera par l’attaché militaire de l’ambassade. Le comble ! Nous sommes parvenus tout de même à mettre la main sur l’enregistrement audio de la discussion. On se croyait sur le ring de boxe et non autour d’une table de négation. Que des propos malveillants et injurieux ; que des menaces et intimidations de la part de la délégation ont ponctué ces moments. Bienvenue dans les coulisses de Palace Hôtel où se mène une négation digne d’un autre âge. Ambiance !

« Nous sommes venus pour régler vos frais d’inscription, c’est tout », c’est par cette phrase sèche que l’un des membres de la délégation à planter le décor. Il poursuit en disant aux représentants des étudiants présents autour de la table de négation : « vous occupez illégalement l’ambassade et vous empêcher à l’ambassadeur de travailler… ». Et pourtant les étudiants ont toujours dit qu’ils n’empêchent personne à venir travailler à l’ambassade. La délégation ne veut rien entendre : « vous dormez dans la rue comme si vous n’avez pas de domicile ». On se demande finalement si ce dernier s’est vraiment imprégné de la situation avant de venir. Il y a de quoi douter sinon il devrait comprendre que ces étudiants avaient été expulsés des cités universitaires depuis le 6 mars 2016. Le directeur de solde embouche la même trompette : « vous fumez sous le drapeau, vous faites honte à notre pays ».

Intimidations…

Mais où est-ce que ces étudiants SDF allaient dormir ? Que des accusations et des intimidations : « dès demain je vais payer vos frais d’inscription et vous retournez à l’école », ordre de directeur de solde. Selon lui, il a reçu l’ordre de payer uniquement les frais de scolarité et non les trois années d’arriérés de bourses qui s’élèvent à 300 millions environs. « N’attendez pas autre chose que la scolarité », poursuit le directeur qui laisse entendre par la suite que leur bourse mensuelle n’est pas de 80 000fcfa. « Oubliez les 80 000f ; vos bourses mensuelles ne s’élèvent qu’à 50 000f et nous n’allons pas jeter notre argent ». « Nous avons tous été des étudiants et on sait combien s’élève la bourse d’un étudiant à 2ie », a-t-il renchéri.

« 2ie a fait de la surfacturation »

Le directeur estime que les 1milliard 900 millions que le Tchad doit à l’institut 2ie est énorme et est anormale : « il y a surfacturation de la part de 2ie et nous allons régler ça demain ». De l’avis du directeur, les 315 étudiants de 2ie reviennent plus chers à l’État que les 25 mille étudiants de l’université de N’Djamena : « vous n’êtes même pas 400 étudiants et vous coutez presque 2 milliards alors que les 25 milles étudiants de l’Université de N’Djamena ne coutent que 6 milliards ». Le directeur ne sait toujours pas qu’il s’agit d’un cumul de trois ans. Dommage !

La tension monte et la discussion vire à un cours de grammaire avec le 1er conseillé de l’ambassade qui visiblement n’a compris que deux mots de la plateforme revendicative des étudiants à savoir « intégrale » et « immédiat». Portion de la phrase : « (...) Nous recommandons ce qui suit: le versement intégral et immédiat des frais de la scolarité et des bourses de subsistance (…) ». Faut-il en rire où en pleurer ? A chacun sa sensibilité.

Il faut se débarrasser des opposants, activistes et infiltrés… sinon pas d’argent

Le directeur est convaincu que la lutte des étudiants est instrumentalisée voire récupérée par certains individus : « il faut vous débarrasser des opposants, des activistes et des infiltrés sinon je retourne au pays avec mon argent ». Qui sont ces opposants, ces infiltrés et ces activistes ? Il n’en dira pas un mot de plus.

Clash de Mabrouka Djamal …

A en croire au fameux directeur, beaucoup d’étudiants seraient venus illégalement et ne sont donc pas des boursiers de l’Etat. Mabrouka Djamal, l’unique fille du groupe n’a pas digéré de tels propos et rétorque énergiquement : « nous sommes des intellectuels et il faut tenir des propos sages. S’il y a des étudiants qui sont là parmi nous illégalement comme vous le dites alors la faute revient au Ministère de tutelle. C’est le ministère qui n’a pas fait son travail ». Il ne fallait pas ! Toute l’équipe de la délégation se met à parler à la fois. Quel bourdonnement ! Qui dit quoi et qui faut-il écouter ? On se croyait dans une partie de jeu d’enfants. Les étudiants, dans un silence total, les laissent « pillayer » entre eux. Le directeur revient à la charge : « ma sœur, vous dites que vous êtes étudiante ? Ok, quel est votre statut d’étudiant ? Montrez-moi votre statut d’étudiant ? » Qu’est-ce que le directeur appelle « statut d’étudiant » ? Nous ne saurons vous en dire plus sauf ceux qui ont été à la même école que lui et qui détiennent le secret d’élucider son niveau de langue à la fois lamentable et pitoyable. Ainsi va le pays de Toumai !

Tag(s) : #étudiants;2IE; Tchad
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