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Crédit photo: VOA Afrique

Crédit photo: VOA Afrique

Débuté depuis le 13 mars à Doha au Qatar, le pré-dialogue qui devait initialement durer deux semaines selon les délais des séjours mentionnés sur les passeports des membres des délégations, s’enlise. Un mois après son démarrage, cette rencontre qui devait être le lieu des discussion franches et sincères afin d’aboutir à des garanties nécessaires à la participation des politico-militaires au Dialogue national inclusif (DNI) s’est vu ralentir dans son élan.

Si les politico-militaires semblent avoir apporté dans leurs besaces des projets des points à discuter, le gouvernement lui n’a jusqu’à là rien laissé fuiter de leur projet d’accord et visiblement il semble se complaire plutôt dans des rencontres individuelles aux fins d’acheter certains rebelles prêts à faire leurs redditions sans conditions préalables. On assite donc ainsi à des rencontres informelles entre certains membres des mouvements et la délégation gouvernementale.

Les va-et-vient des certains rebelles dans les couloirs et chambres des membres du gouvernement tchadien laissent entrevoir un achat massif des consciences afin de parvenir à un semblant d’accord. Atteindront-ils leurs objectifs ? La réponse est presque négative car de toute évidence, le pays médiateur ne se porterait en aucun cas garant d’un accord qui ne prendrait pas en compte les aspirations du peuple tchadien.

Ont-ils tous les mêmes objectifs ?

Des 59 mouvements présents à Doha pour les négociations, on y trouve du fourre-tout. Des quidams invités sur le tas et n’ayant aucune connaissance de la lutte armée en passant par des parents de certains membres du gouvernement aux soudanais, ce pré-dialogue aura tout réuni en son sein. Si quelques mouvements sérieux semblent appeler de tous leurs vœux une paix définitive en élaborant des points de discussions basés sur une considération de la voix du peuple tchadien, d’autres espèrent se mettre plein les poches quitte à signer n’importe quoi. Ils ont toutes leurs valises dans leurs chambres et attendant le coup de sifflet du top départ pour Ndjaména.

Une autre catégorie est cette écurie des rebelles venus directement de N’Djamena pour négocier afin de repartir à N’Djamena. Ceux-là ont signé des accords et sont même nommés à des postes de responsabilité au sommet de l’Etat. Qu’est ce qui les y amène ? Une question qui reste jusqu’à présent sans réponses.

La dernière catégorie est celle de ceux qui n'aiment ni dialogue ni paix. Ils feront tout pour faire capoter.

A toutes ces catégories, il faut ajouter les personnes ressources invitées pour des consultations mais qui se retrouvent eux-mêmes à rien faire. Abandonnés sur les canapés de l’hôtel Rotana, ils n’ont plus que quelques occupations presque de pachas : se gaver, se doucher et dormir. Un rituel plutôt avilissant pour des brillantes personnalités tchadiennes qui ont beaucoup à partager mais hélas !

Des coups bas et des velléités de sabotage

Si certains rebelles semblent aller vers une cessation totale d’hostilités en privilégiant la signature d’un accord de paix globale, d’autres voient midi à leurs portes. Ces derniers n’hésitent pas à la moindre occasion à rapporter tous les contenus des discussions secrètes aux camps d’en face et ce en contreparties des promesses des postes ministériels ou quelques billets de banque. D’autres ont même fini par se durcir les doigts à force de taper à la porte, semble-t-il de l’Ambassadeur de France qui serait présent à Doha et ce, pour des motifs qui leurs sont propres. C’est ainsi que certains après avoir reçu des missions occultes dont celles de saboter au maximum la sérénité et la cohésion du groupe dit de Rome, n’hésitent pas à perturber ou à proférer des menaces lors des réunions allant à traiter d’autres membres du groupe de « Laoukouras » (Terme péjoratif employé par certains tchadiens du Nord pour indexer ceux du Sud comme des hommes à tout faire dans l’administration). Ceux-là sont de toutes les sauces. Du matin au soir ils rencontrent tout le monde : Les mouvements, les qatariens et le gouvernement dans le seul but d’espérer se positionner politiquement.

 Pré-dialogue ou accord de paix ?

Initialement prévu pour définir les contours de la participation des politico-militaires au Dialogue national Inclusif, le pré-dialogue semble disparaitre du vocable, laissant place plutôt à des négociations de paix globale qui signera la fin des rebellions au Tchad.

Le pays médiateur pencherait plutôt sur un document commun qui sera signé par l’ensemble des mouvements politico-militaire. Ainsi, les grandes questions notamment la durée de la transition actuelle, l’éligibilité ou non des membres des institutions issues de la transition, la reconstitution du CODNI et la révision de la charte de transition constituent les points d’achoppement des discussions à venir.

Le 10 mai 2022 pour le dialogue ?

A voir les tournures des évènements et la lenteur avec laquelle les consultations se tiennent actuellement à Doha, il serait utopique voire irréaliste de tenir le DNI à la date prévue. Dans les coulissent, certains politico-militaires ne seraient ni contre un report du dialogue ni contre une extension de la transition car ces derniers pencheraient pour une gestion collective du pouvoir de l’Etat mais ceci n’est pas l’avis tous.

Masbé NDENGAR

Tag(s) : #dialogue, #Doha, #politico militaires, #rebelles, #Qatar, #Tchad
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