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Sandana : L’horreur !

Carnage à Sandana ! Sandana, village martyr est situé dans la sous-préfecture de Koumougou, département de Barkho, province du Moyen-Chari (Sud du Tchad). La population de cette localité s’est réveillée dans un calme qui sera perturbé peu de temps après ce 9 février 2022. Un berger décédé accidentellement est à l’origine de ce massacre. En effet, ce dernier a connu un accident avec sa moto et a trouvé la mort. Les autorités ont été fait le constat. La cause de la mort est effectivement accidentelle. Mais la communauté du berger n’est pas convaincue par cette cause. Elle a décidé de lui rendre justice à coups de canon.

Munis d’armes de guerre, ils se sont déportés au village avec un plan de guerre digne d’une armée. Ils se sont repartis, selon les témoins, en deux groupes. Le premier s’est rendu au village où ils ont tiré sur la population. C’est sauve qui peut. C’est ainsi qu’ils ont pris le chemin de la brousse à la recherche des cachettes. Alors que c’est là, dans cette même brousse qu’attendait le deuxième groupe, armé. Et c’est aussi là que la boucherie a eu lieu. Une quinzaine de corps sur le carreau, selon les organisations de la société civile. Des blessés et des dégâts matériels.

Sandana à sang et à pleurs ! Sandana git dans son propre sang dans un silence assourdissant des autorités tchadiennes. Sandana pleure ses enfants dans l’indifférence de ceux qui dirigent le Tchad, un pays où la vie d’un animal vaut mieux que celle d’un humain. Sandana, c’est tout simplement du terrorisme !

Disons-nous la vérité. Pour ce cas, il ne s’agit pas d’un conflit éleveurs et agriculteurs mais un massacre perpétré par une communauté armée. Ce sont des hommes en arme abusivement appelés éleveurs qui tuent en cascade. Sinon, comment se fait-il que dans cette localité, tout le sud du Tchad d’ailleurs, les agriculteurs soient systématiquement désarmés tandis que les éleveurs possèdent des armes de guerre : kalachnikov ? Qui les a armés ? où trouvent-ils ses armes ? Ils sont au service de qui ? pourquoi bénéficient-ils toujours de l’impunité ? Bref, c’est quoi le projet qui se cache derrière ce N ième massacre ? c’est à rappeler qu’après deux jours de drame, aucun suspect n’a été interpellé.

On se rappelle qu’il y a juste quelques jours de cela, la gendarmerie, à coup de presse, a présenté des armes de fabrication locale arrachées aux mains des paysans. Je me demande si le terrain n’a pas été balisé pour laisser place à ce massacre ? Autrement dit, ces paysans ne sont-ils (pas en train d’être) désarmés pour être massacrés par la suite par ceux qui sont armés ? comment est-ce possible de trouver une simple arme blanche au fond d’une case dans un village et ne pas être capable de voir une kalachnikov et des arcs portés en bandoulières au su et au vu de tous ? autant de questions qui ne trouveront certainement pas de réponse…

J’ai le sentiment que certains sont désarmés pour être non seulement dociles mais aussi facilement soumis à la puissance du feu des autres ! des éleveurs détenteurs des armes de guerre ! Mais de quels éleveurs s’agit-il au juste ? des militaires déguisés ? Je continue à me questionner…

Si ces allogènes, qui d’ailleurs, sont venus de très loin de à la recherche de meilleures conditions de vie qui se livrent à de tels carnages alors ils ne méritent pas l’hospitalité des autochtones. Et le respect doit être imposé par la même méthode. La réaction doit être foudroyante et à la hauteur de la forfaiture commise. Pour ce faire, il faut impérativement un équilibre de la terreur en se dotant de ces mêmes armes de guerre. Il faut dès à présent éviter d’être un agneau dans un troupeau de loups. Prenons nos responsabilités. Ne comptons pas sur l’Etat : il est complice. Il est inacceptable que des gens qui viennent d’ailleurs nous dictent leur loi barbare. Nul n’a le monopole de la violence car l’animosité sommeille en chaque âme.

Et dire que c’est dans ces conditions qu’il est prévu un dialogue national inclusif le 10 mai 2022 ! quel genre de dialogue dont le gouvernement laisse des armes de guerre entre les mains d’une communauté et en priver d’autres ? Mais cela relève un malaise que nous ne cessons de dénoncer depuis fort longtemps : il existe deux catégories de tchadien. La première a le droit de vie et de mort sur la seconde, qui doit donc subir et vivre comme esclave dans son propre pays. Il existe bel et bien deux Tchad. Il est indéniable que le Tchad n’est plus « indivisible ». C’est un pays fissuré au plus profond de lui-même car un pays unitaire ne rime jamais avec l’injustice et l’impunité pour des « intouchables ».

Mais si dialogue il y en aura, le sujet principal qui mérite d’être discuté, c’est la forme de l’Etat : la fédération ou la division. Il est évident que l’Etat unitaire n’est plus à l’ordre du jour. Ainsi, entre le fédéralisme et la scission, il va falloir faire un choix. A vous de voir…

Je suis curieux de voir ceux qui viendront sans honte me parler du vivre ensemble. J’attends les courageux qui viendront évoquer la cohésion sociale. Quel griot nous chantera encore la paix chèrement acquise. Certainement pas le ministre en charge de la Sécurité qui a échappé à une tentative d’assassinat le 10 février 2022, soit un jour après la tuerie de Sandana.

Il est temps de stopper l’hémorragie. Ça fait bien longtemps que notre pays est plongé dans l’anarchie. L’apocalypse règne dans nos villes et villages. Mais on comprend aisément cette situation dans la mesure où le pays même est le reflet de ceux qui le dirigent : des promoteurs de la mort et de la misère. Trop de morts et trop de destins brisés. Aujourd’hui le Tchad est un pays en décrépitude où les criminels de tout poil se rivalisent l’horreur. Et Sandana est dans cette horreur !  

Masbé NDENGAR

Tag(s) : #Tchad, #Sandana, #horreur, #tuerie, #Moyen Chari
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