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Tchad : Entre rêve et espoir…

19 janvier 2021, 13h sonnantes. Sur le tronçon pitoyable entre Goughin et Fada N’Gourma, à l’Est du Burkina Faso, je me perds en conjoncture. Un axe désagrégé avec des crevasses qui crèvent. Pensif, je l’étais. Désorienté, je l’étais aussi. En un mot comme en mille, je m’interroge sur notre existence en tant que ‘’peuple’’. Des nids de poule à l’allure de puits. Pitoyable route !  Autant le trajet est pénible, autant mon esprit s’échauffe…se surchauffe.

Où allons-nous en tant que peuple ? quelle destinée ? que des banales questions mais qui traduisent l’essence de notre existence. Un malaise profond ! mon cœur saigne et supporte difficilement la réalité dans laquelle nous sommes.

 Un beau peuple rendu ennemi entre avec lui-même parce qu’un conglomérat de politicards en a décidé ainsi au nom du principe : « diviser pour mieux régner ». On se hait par atavisme. On ne se déteste pas par désamour mais par manipulation. On se regarde en chien de faïence, pas parce qu’on est des chiens et chats, mais parce qu’une bande d’imbéciles a corrompu notre esprit.

 Comment on s’est laissé tomber dans leur piège, aussi facilement ? la réponse est toute simple : le mal a été savamment orchestré. Comme quoi, le mal est malin et a des officines maléfiques qu’il suffirait de les mettre en branle pour qu’elles s’exécutent. Hélas notre pays est victime de ces petits esprits malins. Mais jusqu’à quand cela va-t-il ainsi continuer ? Jusqu’où ? ce qui me tracasse, c’est l’absence des réponses à ses multiples questions.

Ainsi, nous sommes arrivés à rendre notre pays invivable. Le Tchad est devenu un enfer sur terre. Dobian Asgar a résumé la situation de notre pays par le titre de son œuvre : « Tchad, notre bel enfer ».  La métaphore qui suit en est une autre parfaite illustration : « Et Dieu a trouvé l’enfer trop facile, il créa le Tchad ». Cependant, évitons des boucs émissaires. Cet enfer nous l’avons créé nous-mêmes et pour nous.

 Nous avons tous mal aujourd’hui de voir les tchadiens vivre sous la bannière d’une hypocrisie apparente. Pourquoi notre cohabitation est marquée par une triple négation : hostilité, austérité et haine. Il est temps de revoir les choses, de nous revoir nous-mêmes. L’espoir est permis. Pour ce faire, il suffit juste d’instaurer la justice sociale. Cette justice sociale doit se traduire par une déclinaison précise. En effet, il va falloir réconcilier la justice avec le justiciable ; réconcilier la justice avec le justicier et réconcilier le justicier avec le justiciable.

Après cette réconciliation avec l’appareil judicaire, le reste viendra tout naturellement. On se réconciliera avec nous-mêmes et avec notre histoire. Ainsi, on retrouvera le Tchad d’autrefois avant les évènements de 1979 qui ont une bonne part responsabilité dans notre tumultueuse marche d’aujourd’hui. Je ne suis pas en train de raconter l’histoire. Non. De toutes les façons j’en suis incapable car n’étant pas témoin des évènements.

On s’est assez ensevelir. Ça suffit. On s’est massacré nous-même. Ça suffit. Notre histoire est riche en tragédie. Apprenons de cette histoire et disons ensemble ça suffit. Il est temps de rêver comme et avec les autres.

Ainsi, on sera un peuple unit et fort, un peuple heureux et rêveur, un peuple qui scrutera l’horizon avec espoir. Une fois réconcilier avec notre destin, nos visages retrouveront le sourire d’antan. Je rêve de ce Tchad sans frontière mentale ni physique ni géographique… mais un Tchad dont les filles et fils poseront les fondations avec la sueur qui perle au front et non avec les larmes au combat. Je rêve d’un Tchad tel que raconté par le père de Moussa et Christian dans le film « Moussa et Christian ». Ce Tchad de destinée commune est encore possible. Et je le confesse. Il suffit d’y croire et d’avoir la volonté.

Masbé NDENGAR

 

Tag(s) : #Tchad, #politique, #espoir, #reve, #Masbe Ndengar, #cohabitation
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