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Tchad : « Le défi majeur est de ressouder la Nation fissurée et divisée »

Ceci est un écrit de Brahim Bachar Abakar et Bechir Tahir Hamid parvenu à notre rédaction.

La fierté d’appartenance en une communauté aux dépends de la fierté nationale : quel déshonneur à la patrie que nous aimons et chérirons de nos cœurs, le TCHAD.

Qu’arrive-t-il donc au Tchad, de notre tout, le Tchad de notre vie et de notre mort, le Tchad de notre conscience ? Mais, surtout le Tchad de notre devoir !

Pourquoi s’écroule ce que nous avons de si précieux et si particulier ? Les valeurs qui soudent la multitude autour de l’essentiel : LE VIVRE ENSEMBLE !

Que nous veulent les hordes de l’horreur pour éprouver ainsi notre si belle et enviée nation jadis assise sur des racines solides et portée par des valeurs dont la floraison a fait de nous une terre singulière ? Le Tchad, vieille nation au sens d’un pays riche d’une histoire qui a tant à dire et tant à raconter et dont le secret, on l’oublie souvent, est le génie du vivre ensemble.

Le VIVRE ENSEMBLE ! Ce mot que nous ne devons jamais nous lasser de répéter et d’en dire la portée symbolique. Oui, le génie du vivre ensemble dont nous tchadiens avions, face à tant de périls et de dangers, montré qu’il était un savoir, un savoir-faire, un savoir être, surtout un savoir être ENSEMBLE.

Le défi majeur est de ressouder la nation fissurée, la nation divisée. Un mot d’humanisme et de partage, si petit soit-il, peut contribuer à apaiser les cœurs. Un acte, si anodin soit-il, peut-être d’un apport inestimable, chacun en sa zone, en sa ville, en son village, en son quartier, en sa rue. Nous devons nous battre contre ces rumeurs, ces amalgames et tous ces raccourcis circulant sur les réseaux sociaux qui affolent, surtout alimentent les haines, voilà l’autre défi à relever ENSEMBLE !

Nous devons énormément faire attention en ces temps de rumeurs, d’infos souvent affolantes, d’hypothèses non souvent soumises à la rigueur de la vérification. Nous devons faire attention aux mots qui blessent, aux actes qui déchirent pour ne pas davantage envenimer, ne pas davantage creuser le trou, la fosse du scandale, de l’humiliation et du drame.

Nous comprenons que les esprits puissent fléchir, sous le choc, soumis à l’émotion. La colère et l’indignation, l’incompréhension et l’interrogation, des tentatives d’explication aux esquisses de réponses, mais nous devons tous éviter une chose : les propos qui aggravent, qui désunissent, qui fracturent, qui incendient davantage la maison ; la case commune.

Comment vivre ensemble avec de tels comportements ?

Nous devons accepter l'altérité, la différence et l'autre. Aussi, il faut concevoir « l'autre comme soi-même ». Nos différences sont des atouts, une source d'enrichissement mutuel alors on peut en faire une réalité tangible, par ce que au-delà de nos différences il y a l'humain qui est ancré en nous tous.

Je n'ai pas ici la prétention de faire porter le chapeau aux parents, uniquement, par ce qu'ils sont responsables de l'éducation de leurs enfants, mais, aussi et surtout l'attitude déconcertante et passive de l'intellectuel tchadien que nous déplorons. Nous assistons au jour le jour sur les réseaux sociaux des contumélies venant des individus malveillants et aux esprits haineux compromettant notre VIVRE ENSEMBLE, mais les intellectuels sont restés muets face à ses agissements libertaires. Ce qui a notre sens, nuirait non seulement à la cohésion sociale, mais aussi à notre survie d'aujourd'hui et de demain. A cet effet, l'intellectuel est appelé à jouer son rôle de guideur, d'éducateur et d'accompagnateur pour harmoniser les intérêts de la société tchadienne.

Demain, notre demain, l’avenir du Tchad, celui de ses enfants, voilà la sacrée équation, le noble combat, le suprême défi !

Comment sauver demain sans s’assumer aujourd’hui ? Chaque Tchadien doit savoir qu’il est un soldat et qu’il a plus qu’une arme, plus que des armes : l’arme de la conscience, de la responsabilité individuelle et collective. La conscience de n’avoir pas d’avenir individuel sans un avenir collectif maîtrisé, le devoir d’apaiser et de s’illustrer par-delà la tentation ethnique, l’impératif défi d’œuvrer à l’échelle et la sphère qui sont les siennes pour consolider le vivre ensemble.

L’ennemi : ce sont nos propos racistes qui sillonnent dans les quartiers, dans les rues et surtout en réseaux sociaux semant la polémique stérile. Oui, chaque fois qu’un propos raciste et haineux, c’est un mur qui gagne en hauteur et un pont qui se brise. Le mur entre les hommes au lieu du PONT, voilà toute l’équation, résumée !

Le noble combat n’est autre que d’œuvrer ensemble au triomphe des ponts sur les murs.

L’ennemi, c’est aussi l’inaction quand la maison du père brûle. L’ennemi, c’est aussi le silence quand se consument les valeurs qui ont fait du Tchad ce pays hier tant envié.

Cependant, les valeurs telles que : la tolérance, l’intégrité, l’équité, loyauté, l le respect d'autrui, etc. manquent cruellement, qui mettrait en péril notre vivre ensemble. Ces valeurs sont à considérer constamment. Face à ces agissements grandissant et perpétuel, il faut que les intellectuels sortes de leur silence complice pour aider la société tchadienne à bannir ces comportements, cette intolérance.

Nous devons être absolument les architectes de ce pays et de ce dialogue constructif impératif. Dans cet ordre d’idées, un accès particulier est à mettre sur l’importance des valeurs (citées haut), le levain du parfait jardin sociétal tchadien et sur la force de cohésion du peuple tchadien dans ses racines.

Brahim Bachar Abakar

Bechir Tahir Hamid

Tag(s) : #Tchad, #Nation, #vivre ensemble
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