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Situation sociale au Tchad : Lâche et inconscient, le peuple tchadien mérite son sort !

C’est un peuple amorphe qui  attend toujours un messie qui devrait venir lui apporter le salut, oubliant que le temps des prophètes est révolu et qu’il lui appartient de prendre son destin en main.

« L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère », Thomas Sankara. Le peuple tchadien c’est cet esclave pour qui la fin de la souffrance n’est pas pour demain, parce que amorphe. Tenez, le 25 avril 2019, suite à une longue pénurie de gaz butane, les jeunes ont initié une marche pacifique pour exiger le rétablissement de la situation. Cet appel reste sans suite. Et sur presque 15 millions d’âmes que compte le pays, seulement treize (13) jeunes activistes ont répondu à l’appel. Une manifestation au cours de laquelle ils ont été arrêtés. C’est à se demander où est passée cette masse populaire qui grince les dents dans tous les recoins du pays. Sans soutien, le courage et l’engagement de ces jeunes ressemblent bien fort à un suicide. Mais grâce à eux le liquide est de retour dans les foyers.

Un peuple qui connaîtra davantage la souffrance                                

 Certains estiment qu’il y a un travail de sensibilisation et de conscientisation de la masse qui doit s’opérer pour conduire le peuple à revendiquer ses droits à travers des manifestations pacifiques. C’est pathétique ! A-t-on besoin de rappeler à un individu qu’il a faim et qu’il doit s’alimenter ? Si le calvaire que les citoyens traversent ne les éduque pas, eh bien, rien au monde n’y arrivera ! Faut-il les sensibiliser afin qu’ils revendiquent, légitimement, leurs arriérés de salaire ? Faut-il également, rappeler, à un peuple qui a le monopole de la souffrance, qu’il souffre ? Si tel doit être le cas, alors, cette attitude ne saurait s’interpréter autrement que de la lâcheté ou de l’inconscience. De ces deux choses l’une. Ou les deux à la fois, c’est aussi possible. Certains fondent leur espoir sur la Providence divine. Il est bien d’avoir l’espoir mais il est aussi bien de se rendre à l’évidence que l’espoir en soit est une carotte qui sert simplement de nourriture aux désespérés que nous sommes. Le seul espoir qui vaille, c’est la lutte. De la Serbie en Egypte, Tunisie en passant par le Burkina Faso, l’Algérie, le Soudan… c’est par la bravoure que ces peuples se sont libérés de la tyrannie et ce n’est pas non plus avec 13 manifestants qu’ils ont libéré leur peuple. Le peuple tchadien doit ancrer dans son esprit que la notion de liberté rime nécessairement avec la prise du risque. Et c’est seulement à ce prix que le peuple mettra fin à son calvaire.

Ce pays est en plein déroute et prévoir un lendemain serin relève de l’incertitude. Le crépuscule emporte avec lui nos espoirs et nos rêves vers un horizon blafard. Au Tchad, agir ou ne pas agir, contester ou garder le silence, manifester ou se terrer chez soi produisent les mêmes résultats : la répression et la souffrance.  Autant donc agir. L’inertie est un mauvais choix. Autant secouer le cocotier car là, il y a possibilité, minime soit-elle, de changer les choses. Autrement dit, la neutralité est un choix, mais un dangereux choix car il ne produit que l’enlisement et le maintien sous la domination du bourreau. L’honneur, la liberté, la dignité et la justice ne se marchandent pas. Alors ils doivent être revendiqués à cor et à cri lorsqu’ils sont injustement confisqués. Mais pour cela il faut un peuple orgueilleux et jaloux de sa dignité pour le faire. Chose que le peuple tchadien semble en manquer.  La quête de la liberté rime avec la détermination et le sacrifice suprême. Néanmoins c’est l’occasion de rendre hommage aux 13 activistes qui ont mis leur vie entre parenthèse pour le bonheur de 15 millions. Haro sur les ennemis du peuple qui brillent par la traîtrise. S’il est vrai que Zenab Orti et Racky Diallo, seront un jour, élevées au rang glorieux de l’héroïsme, il est aussi vrai que Arly et Mercy, seront sans nul doute enterrées au panthéon de l'imbécillité. Seule la lutte libère.

Article initialement publié dans le journal le Baromètre

Masbé Ndengar

Tag(s) : #Deby, #Etat, #ANS, #Idriss Deby, #DDS, #Tchad, #politique, #Lache, #inconscient, #hypocrite, #peuple, #sort, #tchadien, #Thomas Sankara, #lutte sociale, #manifestation
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