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Editorial: L’or du BET contre l’intervention française

La guerre. C’est certainement ce que le Tchad sait de mieux faire. Ce pays a une tradition de guerre tant il en a vécu, sans trêve, pendant plus de 40 ans, jusqu’en 2008. Cette date restera gravée à jamais dans la mémoire collective du peuple. Guerre fratricide, génocide, rebellions, dictature sanglante… Visiblement cette longue expérience dans la tragédie semble ne pas servir de leçon à ce territoire de 1 284 000 km2. Rebelote ! Démontrant son ADN de guerre, le pays de Toumaï renoue avec les démons des hostilités ce 3 février, comme pour fêter l’anniversaire de l’incursion rebelle du 2 février 2008.

 

Les rebelles de l’Union des forces de la résistance (UFR), traversant le sable mouvant depuis la Libye en direction de N’Djamena, siège du pouvoir trentenaire très décrié de Déby, ont été stoppés dans leur progression sur le plateau de l’Ennedi. Pour être pilonnés par les aviations de l’armée française. Cette ingérence, négativement appréciée par le peuple tchadien dans sa grande majorité, est sujet à caution.

 

Aux yeux du peuple, par ailleurs, très jaloux de sa souveraineté, le soutien de la France au régime de Déby est inadmissible. La France, grand défenseur des droits humains devant l’Eternel, terre du respect des droits de l’homme, arme drones et avions à coût de millions d’euros au contribuable français pour tuer des citoyens, qui en désespoir de cause, se battent pour arracher une parcelle de liberté. Le soutien français est non seulement une ingérence flagrante dans une affaire interne d’un pays souverain, mais c’est aussi une prime à une dictature vieille de presque 30 ans.

 

Désormais, Idriss Déby Itno a la carte blanche pour tuer une partie de son peuple qu’il qualifie de « terroristes ». Timane Erdimi, chef de l’UFR, compagnon d’hier devenu ennemi d’aujourd’hui, neveu de Idriss Déby Itno, est fabulé terroriste. C’est à croire qu’il existe de terroristes dans la famille présidentielle. Et si tel en est le cas, la force barkhane devrait, en principe, commencer par larguer des bombes sur le Palais Rose, car supposément, ce Palais est un gros nid abritant un grand terroriste du pays. Mais cela n’arrivera jamais car le locataire du Palais de Djambal-Ngato garantit encore aux Français les intérêts à coup de ressources naturelles du pays.

 

 C’est d’ailleurs ces intérêts qui ont conduit la France à bomber biceps et triceps, du 3 au 6 février, le temps qu’a duré les bombardements. La France nourrit le projet d’exploitation de l’or que renferme cette vaste région du BET. Il ne faut surtout pas laisser les rebelles venir lui compliquer la tâche. La présence de Alexandre Benalla, ancien conseiller d'Emmanuel Macron au Tchad au mois de décembre, aurait pour motif de sceller les accords pour exploiter l’or dans cette localité. On se rappelle qu’il était à la tête « d’une délégation économique étrangère dans le cadre d’investissements qu’ils vont effectuer sur place [au Tchad] ». C’est un projet industriel qui coûterait 250 millions d’euros.

 

Ne soyons pas dupes, la France ne sauvera pas Déby pour ses beaux yeux. L’intervention française a un prix et le régime moribond de N’Djamena a payé au prix des ressources minières : l’or.  Comme en 2008, Idriss Déby Itno, pour sauver son fauteuil, avait libéré les trafiquants de l’arche de zoé, contre l’intervention de l’armée française. L’histoire se répète. Pour préserver son fauteuil, Idriss Déby Itno est capable de vendre, à vil prix, une bonne partie de la superficie du territoire national. Il y a des signes qui ne trompent pas.

 

Masbé NDENGAR

Tag(s) : #Or, #BET, #intervention française, #Tchad, #guerre, #rebellion, #Idriss Deby, #France, #UFR, #Tchad;politique, #armée, #Timane Erdimi, #Emmanuel Macron, #Masbé NDENGAR, #barkhane
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