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Ph: Le Pays. Image à titre illustratif.

Ph: Le Pays. Image à titre illustratif.

Jamais le système éducatif n’a été chancelant ces dernières années. Jamais le niveau des élèves n’a été aussi décadent. Certains analystes estiment que la « baisse » de niveau n’est pas le mot approprié. Ils préfèrent l’« absence » de niveau. Vu la profondeur du malaise, ce mot semble bien être à sa place. Ce fait est peut-être corroboré par les tristes tricheries pendant les évaluations. Quelques exemples. A l’université Aube Nouvelle, une dizaine d’étudiants seraient renvoyés du fait de la tricherie. A l'université 1 Pr Joseph Ki-Zerbo, toujours au Burkina Faso, plus d’une trentaine seraient également renvoyée : certains seraient détenteurs de faux bac. Le rituel est le même dans divers autres établissements du pays et ailleurs. Et à croire que la rentrée académique de cette année, 2018, est hypothétique, il y a lieu de s’inquiéter. Il faut courageusement accepter de faire l’autopsie de notre système éducatif afin d’inventer une nouvelle politique dans ce domaine, sinon…

 

On se demande si les bacheliers de l’année 2018 auront un avenir dans les universités étrangères ? pour des établissements sérieux, la probabilité semble mince. Qui accepterait-il dans son établissement un élève qui n’a fait que les cours à peine 4 mois au lieu de 10 ? « Bac de 3 mois », c’est le triste sobriquet affublé au baccalauréat de 2018.  Catastrophique ! alors que la capacité d’accueil des universités publiques et privés sont insignifiantes. Et ceci, sans compter les grèves des enseignants et des étudiants et élèves, le manque d’infrastructures adéquates, etc. affalent le système éducatif national.

 

 L’école tchadienne est en déliquescence. Nos petites écoles rurales sont fréquentées par moins de la moitié des enfants d’âge scolaire, qui y viennent nu-pieds, en haillon et sous-alimentés. L’instituteur vit d’aumône de l’Etat abusivement appelée salaire. Que cessent les aumônes qu’on fait à ces femmes et hommes qui remplissent la mission la plus sacrée au monde : celle d’enseigner. Évitons leur d’être harcelés par des soucis mesquins.  Et c’est ainsi que le régime compte construire une grande patrie : « la vitrine de l’Afrique ». C’est la détresse. Et seule la mort peut délivrer d’une telle détresse. Et en la matière le régime corrompu de N’Djamena fait preuve d’une grande efficacité : le Tchad se meurt car un Etat sans éducation.

 

L’effet se fera sentir dans les dix prochaines années. Pour les incrédules et autres St Thomas, l’avenir nous le dira. J’en tiens l’opinion internationale et surtout nationale pour responsable. En effet, la société s’émeut devant une fille violée, devant le kidnapping ou l’assassinat d’un seul bébé, mais reste criminellement indifférente face à l’assassinat collectif des milliers d’enfants tchadiens sans éducation et dont l’avenir est compromettant. C’est le Tchad qui se meurt et dont les obsèques sont prévues dans dix ans. Bref, nous sommes des millions de jeunes à avoir entendu des millions de fois des discours portant l’école tchadienne à un plus haut niveau. Désillusion !

Masbé NDENGAR

Tag(s) : #Tchad, #éducation, #école, #élèves, #enfants, #assassinat, #système, #éducatif, #bacheliers, #bac, #baisse de niveau, #absence de niveau, #Etat, #régime, #N'Djamena, #baccalauréat
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