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Iyina : « Après 27 ans de gouvernance ratée, le régime du MPS doit assumer son échec et jeter le tablier »

Le Mouvement citoyen Iyina craint  que le pays puisse «  replonger dans ses années sombres ». En effet, à travers un point de presse organisé le 9 novembre 2017 à N’Djamena, Iyina a dépeint  en noir la situation socio-économique du pays. Cette situation  déjà « critique » depuis « plusieurs décennies » est aujourd’hui « alarmante »  et interpelle le gouvernement sur les dérives que cela pourrait engendrer.  En rappelle, les fonctionnaires n’arrivent plus à joindre les deux bouts du fait de leur indemnités réduites considérablement et des prix des denrées qui continuent de flamber sur le marché , les retraités accumulent plusieurs trimestres d’arriérés de pension, les maitres communautaires, eux n’ont pas touché leur subside depuis plus des deux ans,  le chômage en milieu jeune, poussant ces derniers désespérément à l’oisiveté et à l’extrémisme de toute sorte, etc. » le « malaise est très profond » et il faut tirer les enseignements. Iyina interpelle une fois de plus le gouvernement sur les reformes qu’il souhaite faire mais aussi le forum national décrié par la majorité de la population. Il estime qu’il est temps de dresser le bilan des 16 mesures impopulaires qui ont été imposées au peuple depuis 14 mois. En se référant à l’article 27 de la constitution, Iyina exige la libération purement et simple des journalistes  Babouri et  Judas Allahoundoum mais aussi de Laoukein Kourayo Medard. Voici l’intégralité du communiqué de presse parvenu à notre rédaction.

 

POINT DE PRESSE DU MCI

Mesdames et Messieurs les Leaders et Représentants des Organisations de la Société Civile

Messieurs et Mesdames les Journalistes

Chers Camarades du Mouvement Citoyen IYINA

Distingués invités

De prime à bord, au nom du Mouvement Citoyen IYINA, je tiens à vous remercier de votre présence et de vos multiples soutiens dans nos activités citoyennes, celles de faire de notre pays, une véritable démocratie où tous les tchadiens se sentiront égaux, libres et bénéficieront des mêmes traitements dans la répartition des richesses nationales.

La situation socio-économique, déjà critique il y a plusieurs décennies est aujourd’hui plus qu’alarmante :

• Les fonctionnaires n’arrivent plus à joindre les deux bouts du fait de leur indemnités réduites considérablement et des prix des denrées qui continuent de flamber sur le marché ;

• Les retraités accumulent plusieurs trimestres d’arriérés de pension ;

• Les maitres communautaires, eux n’ont pas touché leur subside depuis plus des deux ans ;

• La grève des magistrats qui pénalisent les justiciables dans leur quête de justice ;

• Le chômage en milieu jeune, poussant ces derniers désespérément à l’oisiveté et à l’extrémisme de toute sorte ;

• Et comme si ça ne suffisait pas, le gouvernement à travers le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation vient d’exiger le paiement d’une somme de cinquante milles (50.000F) francs comme frais de scolarité en plus de la suppression de la bourse aux étudiants en année de licence qui étudient dans les conditions extrêmement difficiles, vu l’insuffisance des bus, l’absence de restauration, de logement, de bibliothèque, de l’internet… pour ne citer que ceux-là .

 A tout cela s’ajoute la répression systématique de toute voix discordante, chose contraire à l’article 27 de la constitution qui consacre la liberté d’expression et de réunion.

Mesdames et Messieurs

C’est dans ce contexte délétère et de crispation généralisée que le MPS et ses alliés s’apprêtent à organiser un forum pour, dit-on, reformer les institutions et l’Etat dans l’optique d’amorcer un réel développement pour notre pays.

Apres 27 ans de gouvernance ratée, le régime du MPS doit assumer son échec et jeter le tablier. Le mal de ce pays est plus profond, il relève du non-respect des textes de la République, du fourvoiement des institutions issues de la Conférence nationale souveraine, de la légalisation de l’impunité de la caste dirigeante contre les crimes de sang et les crimes économiques. Ce n’est donc pas un forum organisé pour mettre en œuvre une promesse électorale d’un président mal élu qui pourra apporter des solutions à la mauvaise gouvernance. Il faut une assise plus large qui discutera des contours d’une transition politique apaisée et des bases d’un changement durable de la gouvernance économique et politique du pays.

Les conclusions de ce comité technique interministériel chargé des reformes qui ont fuité dans la presse et sur les réseaux sociaux nous laissent sans mot sur le devenir de notre pays. Le découpage tendancieux et abusif de certaines régions ne tenant pas compte de l’aspect historique de certaines villes, des principes scandaleux de gestion des ressources du sous-sol, la création d’un Senat, toutes ces manigances affichent le désir de conservation du pouvoir par Idriss Deby. Aussi, nous nous voyons le devoir, comme le stipule le préambule de notre Constitution de 1996 d’attirer son attention sur ces dérives dangereuses qui pourront replonger notre pays dans ses années sombres.

Mesdames et Messieurs

Le Mouvement Citoyen IYINA s’interroge à cet effet sur la réelle motivation du gouvernement de Pahimi II derrière ces reformes quand tout le monde sait aujourd’hui que le problème du Tchad demeure la mauvaise gouvernance.

Nous estimons aussi que le moment est arrivé pour que le gouvernement puisse nous donner les bilans chiffrés des 16 mesures d’austérités prises il y a plus de 14 mois.

IYINA exige par ailleurs la libération sans condition de tous les prisonniers politiques, notamment le Journaliste Babouri, le Directeur de publication de l’hebdomadaire le Visionnaire Judas Allahoundoum, l’ancien maire de la ville de Moundou Laoukein Kourayo Medard, le retrait de la mesure portant paiement des frais de scolarité de 50.000F pour tous les étudiants dans les universités tchadiennes et demande l’amélioration des conditions d’études, gage d’une stabilité dans les campus.

En outre, comme nous l’avons annoncé au lancement du projet vacances citoyennes, du virtuel au réel au centre culturel Al-mouna en septembre dernier, dans cette série d’activités citoyennes, nous entendons lancer une opération de salubrité sur toute l’entendue du territoire dans les jours à venir. Cette opération dénommée « Ni so darna nadif », vise à rendre notre environnement propre, débarrassé des ordures pour une vie plus saine.

Au-delà, nous entendons donner un exemple à toutes les couches sociales et montrer notre bonne foi à contribuer au développement de notre pays le Tchad sous tous ses angles.

Enfin, le Mouvement Citoyen IYINA appelle la jeunesse tchadienne à plus de responsabilité et à rester vigilante pour barrer la route à ces ennemis de la démocratie déguisés en libérateur du peuple tchadien.

Je vous remercie !

 N'Djamena, le 09 novembre 2017

 2e Porte-Parole

KEMBA DIDAH ALAIN

Tag(s) : #Tchad, #Iyina, #gouvernance, #régime, #MPS, #situation soci-économique, #Tchad;politique, #gouvernement, #MCI
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