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Tchad/Littérature : ‘’La révolte d’Ali’’
Abakar Mahamat Abdraman connu sous le nom de Abakar Djoufoune, l’auteur du recueil de nouvelles, La révolte d’Ali est de passage à Ouagadougou. Ancien étudiant en communication à l’Université libre du Burkina(ULB), il a tenu à dédicacer son 4e œuvre en présence des étudiants tchadiens du Burkina Faso. C’est chose faite le 1er novembre 2016 à ULB. La cérémonie a été organisée par le bureau exécutif de l’Association des étudiants, stagiaires et élèves tchadiens au Burkina Faso (ASET-BF). Le mariage entre les castes, le trafic d’enfants, le harcèlement sexuel dans les établissements scolaires, la crise économique au Tchad, le métier d’écrivain… bref c’est autant de questions qui ont été abordées sans langue de bois avec l’auteur. Les débats ont été houleux. La révolte d’Ali, Issakha et Khadidja, la vie est une leçon, sont les trois histoires que constituent ce recueil de 59 pages. Voici la présentation succincte de l’œuvre. 
 

La Révolte d’Ali est la 4e œuvre de Abakar Mahamat Abdraman connu sous le nom de Abakar Djoufoune. C’est un jeune auteur multifonctionnel : écrivain, poète, communicant et militant associatif. Par ces temps qui courent en Afrique surtout ces dernières années, La Révolte d’Ali peut sonner comme une volte de face contre l’autorité étatique mais non, ce n’est pas de  cela qu’il s’agit. La Révolte d’Ali  va en guerre contre les pratiques désuètes et anti progressistes qui entravent la concrétisation de nos rêves.  

Cette œuvre dépeint la réalité africaine. La problématique de mariage inter ethnique, interreligieux  ou entre les castes est le même.

Les ONG de la mort qui arnaquent  nos pays avec pour seul objectif leurs propres intérêts au mépris même de la vie humaine sont légion.

 Qu’en est-il du harcèlement sexuel dans nos établissements scolaires, qu’ils soient privés ou publics ? Les notes sexuellement transmissibles hantent aujourd’hui nos écoles et universités.  De Niamey à  Ouagadougou  en passant par Bamako, Lomé, Cotonou, Yaoudé, Bangui ou  autre contrée de l’Afrique le constat est le même. La révolte d’Ali, ce recueil de nouvelles, vous l’aurez, compris, traite  trois sujets de l’heure : la révolte d’Ali, Issakha et Khadidja, la vie est une leçon. Examinons point par point les faits relatés par l’auteur.

 

  1. La Révolte d’Ali

La révolte d’Ali,  en plus d’être le titre de ce recueil de  nouvelle en est la première histoire. Comme partout en Afrique, la société tchadienne est  très stratifiée. Il est question d’un conflit ouvert entre deux communautés : les Nobles et les ‘’Castés’’. Ces groupes se vouent une haine létale qui empêche naturellement tout rapprochement. Et c’est dans cette atmosphère à la fois délétère et austère qu’Ali, un jeune homme de 21 ans, appartenant à l’ethnie Harra(les Nobles) tombe amoureux de Etta, une forgeronne. Au vu de la situation cette union est non seulement vouée d’avance à l’échec mais est  source de division. Mais le cœur a ses raisons que la raison elle-même ignore. A qui la faute si Ali et Etta s’aiment ? Une lutte sans merci des deux familles s’engage pour que ce projet de mariage soit mort-né.

Ainsi le père d’Ali s’oppose purement et simplement à ce mariage sans aucune raison : « eh Ali, mon fils, certes, tu n’es pas trop petit pour te marier, mais tu es encore petit pour choisir ta femme toi-même. Je n’accepte pas que tu épouses cette fille. Pourquoi je refuse ce mariage ? Je ne te dirai  pas la raison ». Non content  de s’opposer au mariage de son fils, il lui arrange un mariage forcé : « j’ai parlé avec ton oncle pour que tu épouses sa fille Khalia ».

De l’autre côté, le père de Etta donne des instructions très fermes à sa femme pour que jamais sa fille ne se marie à une famille aussi orgueilleuse comme les Herra. Véritable descente aux enfers pour les deux tourtereaux.

Au-delà d’une querelle  interethnique c’est une guerre générationnelle qui est ouverte. Pour statuer sur le problème, une rencontre communautaire s’impose. Le père d’Ali convoque une réunion chez le chef, l’homme respecté de tous. Si Ali accepte son escapade avec sa dulcinée alors il sera banni du clan Herra. Quelle sera la décision d’Ali ? Ira-t-il en guerre ouverte contre  toute sa communauté au nom de l’amour ? Entre Etta, sa future femme et Herra, sa communauté, quel sera le choix d’Ali ? Véritable dilemme, n’est-ce pas ?  Mais la réponse se trouve dans le livre. Pour le savoir, il suffit juste de  s’en procurer.

  1. Issakha

Issakha n’avait  que huit ans quand son village fut détruit par des cavaliers arabes. Ces derniers ont mis à sang le Darfour et l’Est du Tchad. La famille est sans ressource minimum. C’est une période d’incertitude totale. Le désespoir gagne du terrain et la famille cogite sur son destin. C’est dans une telle situation à l’avenir non seulement fragile mais incertain qu’une ONG débarque dans le village avec en sa possession des vivres et des médicaments. Les ventres affamés comme les leur n’attendent pas mieux que ça.

Mais derrière  un sourire angélique peut se cacher un parfait diable. En d’autres termes, derrières ces sacs de mil, de maïs, de riz ou ces boites d’huile, de conserves se cachent des réseaux mafieux. C’est le cas ici de l’ONG Masseye. Cette ONG n’est rien d’autre qu’une structure de trafic d’enfants. C’est ainsi qu’Issakha et 102 autres enfants du village seront embarqués, sous les regards impuissants de leurs parents pauvres. Ils seront passés pour des blessés de guerre qu’il faudra en prendre soin. Heureusement,  cette ONG de la mort a été dénoncée et condamnée.

C’est une justice de complaisance puisqu’ils seront graciés quelques mois seulement  par le président de la République.  Malgré la situation, Issakha poursuit ses études et obtient une bourse d’une autre ONG. Il s’est formé dans l’humanitaire. Il rencontrera plus tard sur le terrain Eveline, l’un des cerveaux de leur enlèvement qui ne l’aurait pas reconnu. Issakha s’invite dans la tente de la dame à son absence et trouve des preuves irréfutables de leur enlèvement pour le besoin de leurs organes. Issakha enclenchera-t-il une procédure judiciaire pour que justice soit faite ? Qui lira le livre le saura.

  1. Khadidja, la vie est une leçon

            Khadidja a été victime d’un harcèlement sexuel répété de son professeur de Mathématiques, SVT et Physique-Chimie. Son père  croyant confié sa fille entre les mains d’un bon enseignant qui doit l’aider à réussir ses études mais hélas. Haroun, le professeur de la jeune Khadidja n’est rien d’autre qu’un prédateur sexuel. Il utilisera tous les stratagèmes pour avoir la fille dans son lit mais il ne réussira pas. Il racontera des mensonges au père de Khadidja qui ne tardera pas à la renvoyer  de la cour familiale. Sa mère qui s’y opposait a été purement et simplement répudiée. La famille vient de voler aux éclats.

En compagnie de sa mère, Khadidja poursuit ses études jusqu’à devenir médecin comme elle en avait toujours rêvé. De son retour de la Chine, elle a été affectée dans un centre de santé. Un patient l’attend sur la table d’opération. Elle est la seule spécialiste en mesure  de l’opérer. Elle rentre dans la salle d’opération et trouve Haroun allongé, son bourreau d’hier. Que l’histoire est rancunière ! Le passé finit toujours par rattraper le présent. Quelle est à présent, la réaction de Khadidja vis-à-vis de celui qui a été à l’origine de l’éclatement du tissu familial ? Suspense !

 

Après « Valoriser le tourisme au pays de Toumaï », « Mon stylo pour sensibiliser » et « Mouna, non au mariage forcé » auxquels s’ajoutent « La révolte d’Ali », Abakar Djoufoune aborde dans ses œuvres tous les sujets d’actualité et sensibilise ses compatriotes sur les méfaits de certaines pratiques traditionnelles rétrogrades. La révolte d’Ali se veut surtout un message de prise de conscience  de la jeunesse Tchadienne et  celle Africaine.

 

Présentation  faite par Masbé NDENGAR

 

Tag(s) : #Tchad, #révolte, #Ali, #littérature
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