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Investiture de Idriss Deby : la confirmation d’un quinquennat de tous les dangers !

L’élection du 10 avril 2016 est l’un des scrutins le plus contesté possible dans l’histoire du Tchad. C’était aussi la 1re fois dans l’histoire que les tchadiens s’étaient autant mobilisés pour se rendre aux urnes : objectif : parvenir à une alternance. Mais hélas ! L’alternance va devoir attendre encore 5 ans. Rendez-vous en 2021. Le peuple fustige et s’insurge. Il se donne les moyens pour barrer la route à Idriss Deby, devenu trop étouffant pour son épanouissement. Il est désavoué ! Aujourd’hui le pays est dans une impasse totale. La Nation tchadienne, depuis trois ans battant pavillon échec. L’espoir, s’il existe alors il est bien maigre. L’avenir est lui aussi incertain. L’économie est plombée avec plusieurs mois d’arriérés de salaires. Tous les signaux sont au rouge. Dans une telle poudrière en explosion, le peuple n’a rien à perdre ni à gagner. La seule chose qui demeure inévitable est l’action. Et le peuple tchadien a décidé afin de sortir de son stupide et coupable mutisme. Le régime, une fois de plus a arraché par la force la victoire du peuple mais ne peut achever le job qu’il a commencé. C’est un quinquennat de tous les dangers qui débute le 8 août 2016.

Collectionneur de médailles sans victoire, Deby aura du pain sur la planche. Le pays est non seulement pris en otage et asphyxié mais il est inexistant. Nous sommes tous assis sur la dépouille de notre Nation. De toutes les façons chacun de nous avait déjà commencé à chanter le requiem du pays. Deby réélu ! C’est le ciel qui vient de s’écrouler sur le pays. Deby investi ! C’est la confirmation d’un quinquennat de tous les dangers. Ainsi, dans un esprit patriotique, les tchadiens à l’unisson ont décidé d’écrire la nouvelle page de l’histoire de leur pays. Sa victoire qui lui a été volée lors du scrutin du 10 avril 2016, le peuple se décide enfin à la revendiquer légitimement. Comme il fallait s’y attendre, le cynique président à travers son ministre Bachir, lui aussi l’incarnation vivante du cynisme, a mis son appareil répressif en marche. Pendant que dans une hypocrisie apparente, il prête le serment, le corps de Emmanuel Rombaye gisant dans le sang l’attend à la morgue. Va en paix, Emmanuel, victime de la volupté du pouvoir et de la cruauté humaine.

La prophétie s’accomplira… parce que le peuple méprisé s’est levé comme un seul homme

Aucun président n’est assez aimé par son peuple au point que se dernier le porte à la magistrature suprême jusqu’au 5e mandat ; moins encore Idriss Deby devenu une arête à travers la gorge des tchadiens. Cette longévité au pouvoir prouve à suffisance la volonté manifeste du satrape à s’éterniser au pouvoir. Par ricochet à voler le droit du peuple. La grogne généralisée du peuple corrobore bien la débâcle de Deby à l’élection présidentielle passée.

L’atrocité de la misère que le peuple subie l’oblige à sortir de son inaction. Dans notre précédente publication nous avons encore en souvenance avoir dit ceci : « Lorsqu’on atteint l’insupportable, la mort n’est plus un acte punitif mais bien au contraire un gain ». Cette prophétie s’accomplira pas par la justesse de notre analyse mais parce que le peuple méprisé s’est levé comme un seul homme et a dit assez ! Et c’est assez ! Tout porte à croire que c’est maintenant que le peuple tchadien mesure le sens de cette partie de leur hymne national : « (…) ta liberté naîtra de ton courage ! » tant mieux si tel est le cas. Comme quoi, il n’est jamais trop tard pour mieux faire.

Les chiffres alarmants !

L’incapacité du gouvernement à payer les salaires, crise économique, contestation sociale, vie chère, manque d’intégration à la fonction publique, le népotisme, le favoritisme, la gestion clanique … voila quelques réalités tchadiennes. Le pourcentage de très pauvres ? Trop élevé. Cette pauvreté est sans doute la conséquence de l’enrichissement illicite d’une petite minorité au détriment du vulgum pécus majoritaire. Consultez les classements des pays et vous trouverez le Tchad en bas de tableau. Il est classé 165e sur 167 pays selon l’index de développement et de bonne gouvernance. Que ce soit le développement humain, analphabétisme ou autre marque de progrès, la situation est honteusement calamiteuse. Le taux d’analphabète est parmi les plus élevés au monde : 70%. Les énormes revenus tirés depuis plus de dix ans de l’exploitation du pétrole ont été gaspillés, volés, mal utilisés ou utilisés pour l’épanouissement des petites cousines et petits cousins, des enfants de la grande sœur et du grand frère qui s’ennuient… plus de 45% n’ont pas accès à l’eau potable et 96% n’ont pas accès à l’électricité.

Et c’est dans ces conditions presqu’inhumaines que les tchadiens vont devoir vivre encore pendant les 5 années à venir. Il n’y a pas lieu d’espérer dans la mesure où pendant plus d’un quart de siècle le petit berger de Berdoba n’a rien pu faire.

Le peuple gagnera… parce que l’histoire ne dérogera pas à la règle.

Celui qui peut affirmer, excepté les membres du clan Itno, honnêtement n’être pas victime de ce régime ment. On peut donc s’accorder que tous les ingrédients sont réunis pour que le pays puisse glisser dans l’abime. Les hostilités qui sont annoncées à la veille et pendant l’investiture sont bel et bien des signes annonciateurs. Et ce n’est pas demain non plus qu’elles s’arrêteront. Le peuple tchadien, intrépide combattant de la liberté et jaloux de son indépendance, dans un sursaut patriotique a enfin décidé de sauver ce qui peut l’être encore de son pays. L’évolution du monde a toujours montré que l’histoire a toujours choisi le camp du peuple, même s’il a tort. Le peuple gagnera, pas par pronostic mais parce que l’histoire ne dérogera pas à la règle. Il suffit d’y croira et nous y croyons ferment !

 

Tag(s) : #Tchad, #investiture, #Idriss Deby
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