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Coup d’État en Turquie : Le Tchad est-il à l’abri du  syndrome Turque ?

Ce qui s’est produit en Turquie est le résultat d’un mécontentement d’une certaine partie de la population. En tout cas c’est loin d’être un acte fortuit. Ce ras-le-bol est plus visible au Tchad. Plusieurs mois d’arriérés de salaire, maltraitance de la population par le régime, vie chère, récession économique, le népotisme, la gabegie, le détournement de fonds, absence de justice… La misère devient le vécu quotidien du peuple qui ne sait plus à quel saint se vouer. Tous les signaux sont au rouge. Les policiers au salaire pitoyable ne sont pas payés et font de la raquette leur profession. Les militaires n’appartenant pas au clan vivent dans un dénouement total. Ils sont privés de leurs droits les plus élémentaires. Ceux qui ont eu le courage et qui aspirent à l’alternance ont refusé de voter Deby ont vu leur corps balancé dans le fleuve et autres lieux tenus au secret. Pour sauver leur honneur et celui de leurs frères d’armes, la grande muette peut à tout moment sortir de son mutisme. Alors s’il intervient un coup d’État, ça ne sera que le résultat de longues années de frustration et d’une grosse colère silencieuse. Ça n’arrive pas qu’aux autres ! Analyse croisée.

La gestion calamiteuse de la crise sociopolitique qui règne au Pays de Tombalbaye risque bien fort de causer des actions d’une extrême violence qui fera couler une fois de plus encore et inutilement le sang des tchadiens. D’ailleurs de nombreux observateurs de l’actualité tchadienne évoquent un probable coup d’État militaire dans un avenir proche. Vue la situation précaire, tout est possible. Notre analyse n’est pas de savoir si les putschistes concrétiseront leur coup ou ils en sortiront perdant comme c’est le cas en Turquie mais il est plutôt question d’une situation qui semble inévitable. Le syndrome turc peut se répéter à ailleurs même si on ne partage pas le même espace géographique.

Comme en Turquie beaucoup de tchadiens croient que l’armée n’a pas son mot à dire. C’est un mythe qu’il faut vite déconstruire. Si sous le règne de Habré, l’immortel et bouché de N’Djamena, les jeunes courageux comme Deby ont pu opérationnaliser un coup d’État combien possible sous le régime de Deby où, comparaison pour comparaison la situation est beaucoup mieux. Tout compte fait, c’est en essayant l’impossible qu’on réalise le possible.

Cela dit, le scénario turc peut bel et bien être répétitif. La récente situation en Turquie a montré qu’un groupe de commando peut rapidement s’emparer de tous les points stratégiques : aéroport, télévision et radio nationale… le pouvoir absolu que certains estiment que la hiérarchie militaire exerce sur la grande muette peut être une illusion purement trompeuse. Attention, tout peut arriver.

Le salut du président Erdogan est que le peuple est avec lui. Ce qui est loin d’être le cas au Tchad. Les récentes élections du 10 avril l’ont prouvé à suffisance : un fiasco jamais égal dans tout le sud du pays. Quant au résultat des régions du Nord, il faut honnêtement se douter du score qui dépasse souvent 99%. Pire au Tchad, toutes couches de la société attendent Deby impatiemment après l’investiture prévue pour le 8 août. L’opposition affute ses armes, la société civile est aux aguets, les activistes s’activent et le FACT, même en cas de tremblement de terre va s’inviter au jeu. Le Tchad n’est plus qu’une poudrière en explosion. Pour éviter un cataclysme, le Tchad doit impérativement s’inspirer de la situation en Turquie et procéder à une rapide rectification. Mauvais apprenant de leçons, je doute fort que le gouvernement de Deby puisse savoir lire les signes du temps.

Tag(s) : #Tchad, #coup d'Etat, #militaire, #Turquie
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