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Rose Lokissim, une  femme qui affrontait à mains nues ses tortionnaires de la DDS

Elle s’appelle Rose Lokissim. L’une des premières femmes devenues soldats d’élite au Tchad. Forte et courageuse, elle affronta à mains nues les éléments de la DDS. Arrêtée en septembre 1984, elle fut conduite à la cellule C de la DDS, cellule du non-retour, cellule de la mort. C’est grâce à elle que l’on connait ce qui se passait à la terrifiante DDS. L’unique femme parmi 60 hommes à la cellule C, elle galvanisait ces derniers. « Tenez fort jusqu’à ce que nous sortons de cette prison parce que c’est nous qui allons changer le cours des choses ». Ses codétenus se souviennent et parlent avec émotion de son courage. Pour sa nation, elle était allée jusqu’au bout de son combat : la mort ! « Si je venais à mourir, c’est pour mon pays et ma famille ». Rose, 33 ans, qui était-elle réellement ? Parlons d’elle.

Le refus de la souffrance et de l’injustice, telle était la philosophie qui guidait l’action de Rose. « Je ne me soumettrai jamais à ce régime ; je ne l’accepterai jamais ». Ce n’était donc pas étonnant qu’elle soit entre les mains de la DDS. Elle fut arrêtée donc en 1984 et amenée à la piscine « sournoise », prison souterraine de la Direction de la documentation de la sécurité(DDS). Révolutionnaire, indomptable et détestant l’injustice, elle notait au péril de sa vie, soigneusement, sur un sachet d’Omo, les noms des détenus, des torturés, et des exécutés pour envoyer en secret des messages à leurs familles se trouvant à l’extérieur. Mais elle voudrait rapporter aux yeux du monde entier le drame qui se jouait dans les geôles de Habré. Elle n'y arrivera jamais !

Elle croyait à son combat, sa noble lutte. Pendant son interrogatoire, elle dira ceci : « ma cause est juste parce que la nation tchadienne m’en appelle ». Rose a vaincu la peur et a affronté la mort en face. Malgré les menaces de mort, elle n’a pas changé de langage et défi son tortionnaire : « je ne regrette pas de mourir parce que la Nation tchadienne me remerciera et l’histoire en parlera ». Elle termine en confiant à son futur bourreau : « je meurs pour le peuple tchadien ».

Détestant le régime terrifiant de Habré qui infligeait au peuple l’atrocité, Rose Lokissim, n’a pas changé de combat ni de langage pendant les années passées au cachot, en cellule C. Sur le procès-verbal de la DDS, il est écrit : « pendant deux ans de détention, l’intéressée n’a pas changé de langage mais bien au contraire se glorifie. Elle est irrécupérable et continue à porter atteinte à la sécurité de l’État même en prison ». La conclusion de ce PV est sans appel : « il faut que les autorités la pénalisent sévèrement ». Elle fut exécutée le jour même. Nous sommes en 1986.

La condamnation à perpétuité de Hissène Habré vient confirmer la prophétie de cette jeune dame qui a donné sa vie pour lutter contre l’injustice. Nous devons honorer la mémoire de Rose et respecter son vœux : « je ne regrette pas de mourir parce que la Nation tchadienne me remerciera et l’histoire en parlera » il faut que l’histoire parler de Rose ; il faut que chaque tchadien parle de Rose ; c’est une exigence !

Ce texte est inspiré du film « Parler de Rose Lokissim »

Lien du film : https://www.youtube.com/watch?v=FQyWXdjY1Ms

Tag(s) : #Rose Lokissim, #DDS, #Hissène Habré, #tchad, #prison
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