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Militaires disparus au Tchad : une enquête diligentée par les bourreaux !

Il y a deux faits majeurs qui ont retenu l’attention des tchadiens lors du scrutin du 10 avril 2016 : la réélection de Idriss Deby au 1er tour et la disparition des militaires qui n’ont pas voté pour le MPS. Lorsque le 2e cas fait la Une du fait de la pression des familles, le ministre Bachir n’est pas passé par quatre chemins, dans un affront et mépris total, pour lâcher : « Si un militaire est parti en mission et qu'il n'a pas l'audace ou la gentillesse d'informer sa famille c'est son problème ». Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur cette affaire, mais peut-on croire à une enquête diligentée par les bourreaux eux mêmes surtout qu’on sait que la meilleure manière d’étouffer une affaire, c’est d’ouvrir une enquête nationale ? Décryptage.

Les élections du 10 avril 2016 ont connu une forte mobilisation de la population. Raison : la soif de l’alternance. Mais le peuple va très vite désenchanter avec la réélection de Deby pour la 5e fois. Cette nouvelle est tombée comme un coup de massue sur la tête du peuple. La tension monte et est vive. Difficile de supporter ce coup de couteau dans les cœurs, certains compatriotes regagnent les Forces de la concorde tchadienne(FACT), mouvement rebelle basé en Libye, prêt à découdre avec l’homme du Palais Rose de N’Djamena.

Outre ce fait, il y a eu beaucoup des scènes obscènes qui se sont déroulées. Nous retiendrons la disparition des militaires qui n’auraient pas voté Deby. En effet, les militaires ont effectué leur vote le 9 avril. Plusieurs sources ont relevé un vote sans isoloir. Ainsi, ceux qui auraient voté pour le camp adverse ont été torturés et pire, beaucoup manquent à l’appel, jusqu’à nos jours.

L’affaire connaît désormais un nouveau rebondissement. Le procureur a ouvert une enquête pour faire la lumière sur cette affaire. Pourquoi ouvrir une enquête quand on sait que le pouvoir, à travers son ministre Bachir, a démenti catégoriquement les révélations de l’opposition et des mouvements des défenses de droit de l’homme et fait prévaloir la thèse d’une mission commandée ? La pression monte d’un cran. Le gouvernement cède et présente quelques soldats visiblement fatigués et portent les séquelles des sévices corporels à la télévision nationale. Personne n’est convaincu. Que du bluff !

Deby veut tout simplement s’acheter une virginité

Il ne faut pas être naïf, car dans le fond, le gouvernement tchadien cherche à étouffer l’affaire : « la meilleure manière d’étouffer une affaire, c’est d’ouvrir une enquête nationale », Charles De Gaulle. En effet, si le souci de faire une véritable lumière sur cette disparition prévalait et en était réel on aurait pu mettre en place une commission d’enquête indépendante internationale.

La seule raison qui prévaut actuellement consiste à desserrer l’étau autour du sultan de Djarmaye. Deby veut tout simplement s’acheter une virginité. En tout cas, nous osons croire que la pression des mouvements de défense des droits de l’Homme et l’opposition ainsi que des familles des soldats disparus, commençait sans nul doute à l’agacer. Le spectre des soldats disparus le hantait déjà ? Tout porte à croire donc que dans un avenir très proche, cette histoire va être classée sans suite, dans le meilleur des cas.

Nous sommes à jamais convaincu que si Déby a fait ouvrir une enquête sur une affaire aussi sombre, ce n’est pas pour rendre justice mais pour se disculper. Combien d’enquêtes ont été ouvertes auparavant sur des troubles situations ? Plusieurs. Mais pour quels résultats ? Que nenni ! Nous avons encore en mémoire la mystérieuse disparition en 2008 de la figure emblématique de l’opposition, Ibni Mahamat Saleh. Toutes les enquêtes ouvertes sont restées lettres mortes à la poste. Bref, rien n’a été fait pour élucider les circonstances tragiques de cette mystérieuse disparition. S’inscrivant donc dans une logique de démonstration par récurrence, nous en déduisons que cette enquête n’est que de la poudre aux yeux. Il ne faut donc pas espérer grand-chose de cette enquête, à moins d’être dupe et animé d’une foi naïve pour y croire.

Ces situations troubles sont la preuve d’un scrutin non sincère, transparent et crédible et dont les résultats sont contestables.

Croyez, qui veut croire mais personnellement, face à ces enquêtes, j’affiche le doute de Saint Thomas : « voir avant de croire ».

Tag(s) : #tchad, #vote des militaires, #militaires disparus, #justice, #Deby
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